Tony Plana
- Casting
Détails
| Autre nom | José Antonio Plana |
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| Âge |
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Nationalités |
| Filmographie | 3 films |
Biographie
Tony Plana, de son nom complet José Antonio Plana, est né le 19 avril 1952 à La Havane, à Cuba, et a émigré très jeune avec sa famille aux États-Unis, où il s'est imposé comme un acteur, réalisateur et militant aux multiples facettes. Avec une carrière s'étalant sur plus de quarante ans, Tony Plana est devenu l’un de ces visages que l’on reconnaît immédiatement, sans toujours savoir où on l’a vu. Il est surtout connu pour son rôle dans Ugly Betty, mais sa trajectoire va bien au-delà de cette seule série.
Un parcours construit entre théâtre classique et télévision populaire
Formé à la Royal Academy of Dramatic Art à Londres après des études à l’Université Loyola Marymount à Los Angeles, Tony Plana débute sur les planches. Il joue Shakespeare, Molière, Brecht… et s'impose rapidement dans le théâtre classique, souvent dans des productions revisitées pour intégrer des perspectives latino-américaines. Ce croisement entre traditions européennes et cultures hispaniques va devenir l’un des fils rouges de son parcours artistique.
Au cinéma et à la télévision, il apparaît dès les années 1970, souvent dans des rôles de policiers, de professeurs, de travailleurs immigrés ou de figures paternelles. Loin des stéréotypes creux, il apporte toujours une profondeur et une humanité à ses personnages, même lorsqu’ils sont cantonnés à des seconds rôles.
L'énorme impact de Ugly Betty
C’est dans Ugly Betty (2006–2010), adaptation américaine de la télénovela colombienne Yo soy Betty, la fea, que Tony Plana trouve un rôle emblématique aux yeux du grand public. Il y incarne Ignacio Suarez, le père aimant, exilé et parfois dépassé de Betty (interprétée par America Ferrera). Ce rôle de père protecteur mais vulnérable, à la fois pilier et mémoire vivante de la famille, lui vaut une grande affection du public et une nomination aux ALMA Awards.
Dans une série très centrée sur la diversité culturelle, Tony Plana incarne cette génération de parents immigrants, marquée par les sacrifices et la transmission. Il n’est pas là pour faire rire, même si l'humour est présent, mais pour ancrer l’histoire dans une réalité sociale et émotionnelle forte.
Une filmographie éclectique entre drames, action et comédie
En parallèle de ses engagements sur scène et à la télévision, Tony Plana multiplie les apparitions au cinéma. Il joue dans Salvador (1986) d’Oliver Stone, Three Amigos, Goal!, Half Past Dead, Lone Star, ou encore Pain and Gain. Il incarne souvent des personnages à cheval entre deux mondes : celui de l'autorité et celui de la rue, celui de la loi et celui de la marge.
Il apparaît également dans de nombreuses séries américaines populaires : The West Wing, 24, Desperate Housewives, Madam Secretary, Star Trek: Deep Space Nine, The Blacklist, Superstore, Mayans M.C.… À chaque fois, il impose une présence sobre mais efficace, capable d’évoquer en quelques secondes l’histoire d’un homme marqué par son passé, son identité ou ses contradictions.
Réalisateur et enseignant : transmettre autant que jouer
Au-delà de son travail d’acteur, Tony Plana s’investit aussi dans la mise en scène et l’enseignement. Il est l’un des fondateurs du East L.A. Classic Theatre, une troupe visant à rendre le théâtre accessible aux jeunes latinos des quartiers défavorisés. Il y adapte des classiques comme Roméo et Juliette ou Le Cid, en les transposant dans un contexte chicano ou caribéen. Une manière pour lui de mêler art, éducation et justice sociale.
Il enseigne également l’art dramatique dans plusieurs universités, dont Cal State Fullerton et California State University, où il encourage les jeunes acteurs issus des minorités à affirmer leur voix et à ne pas se laisser enfermer dans des rôles stéréotypés.
Un acteur engagé, au-delà de la caméra
Tony Plana n’a jamais caché ses engagements. Il milite pour les droits des immigrés, l’accès à l’éducation dans les quartiers populaires, et la représentation des Latinos dans les médias américains. Il est aussi fréquemment invité à parler de diversité à Hollywood, un sujet qu’il connaît de l’intérieur.
Ce positionnement ne l’a pas empêché de travailler, mais il l’a toujours assumé avec discrétion, sans chercher à en faire un argument marketing. Chez lui, l’engagement n’est pas un slogan, mais une conséquence logique de son histoire personnelle et professionnelle.