Terry Gilliam
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 9 films |
Biographie
Terry Gilliam, né le 22 novembre 1940 à Minneapolis, dans le Minnesota (États-Unis), est un réalisateur, scénariste, acteur, dessinateur et membre fondateur du légendaire groupe Monty Python, devenu au fil des décennies l’un des cinéastes les plus reconnaissables et inclassables de son époque.
Américain de naissance mais britannique d’adoption, Terry Gilliam incarne une figure à part dans le paysage cinématographique mondial : celle d’un créateur visuel obsessionnel, à la fois rêveur, anarchiste, satirique… et souvent maudit par les studios.
Son univers est immédiatement identifiable : décors baroques, visuels surréalistes, personnages en marge, bureaucraties absurdes, machines trop grandes et destins trop étroits. Il n’a jamais fait de cinéma pour plaire, mais pour interroger, agiter, faire douter — et parfois, tout simplement, pour libérer le chaos de l’imagination.
Monty Python, dessins animés et humour explosif
Avant d’être réalisateur, Terry Gilliam est d’abord un dessinateur satirique. Il travaille comme illustrateur et cartooniste dans les années 1960, notamment pour des revues underground et des magazines comme Help!.
C’est en s’installant à Londres qu’il rencontre Graham Chapman, John Cleese, Michael Palin et les autres membres du futur Monty Python. Il devient le seul Américain du groupe, et apporte une dimension visuelle totalement nouvelle au collectif : des collages animés délirants, faits de photos découpées, de visages déformés, de jeux d’échelle absurdes.
Ces animations deviennent l’une des marques de fabrique des Monty Python’s Flying Circus, diffusés à partir de 1969. Elles créent des transitions déroutantes, cassent les codes du sketch classique, et offrent à Gilliam un terrain de jeu infini pour expérimenter le non-sens visuel. Et très vite, l’envie de passer à la mise en scène se fait sentir.
Premiers films, premières résistances
C’est avec Monty Python and the Holy Grail (1975) que Terry Gilliam codirige pour la première fois un long-métrage, aux côtés de Terry Jones. Le résultat est un film devenu culte, mélange de pastiche médiéval et de délire low-tech assumé.
Mais c’est surtout avec Time Bandits (1981), puis Brazil (1985), que Terry Gilliam impose son propre univers cinématographique, délesté des Monty Python mais pas de leur esprit. Brazil, en particulier, est un chef-d’œuvre de dystopie kafkaïenne et burlesque, où les rêves sont littéralement écrasés par la bureaucratie. Le film, porté par Jonathan Pryce, est devenu le symbole du combat entre un auteur et le système hollywoodien : il a failli ne jamais sortir dans sa version originale à cause des désaccords avec les studios, jusqu’à ce que Gilliam publie une pleine page dans la presse pour appeler à la libération de son film. Oui, il fallait oser.
Et Terry Gilliam ose. Tout le temps. Trop, parfois.
Une imagination indomptable, une production souvent ingérable
Les années 80 et 90 sont celles des grands projets fous, souvent géniaux, parfois boiteux, toujours singuliers. The Adventures of Baron Munchausen (1988) est un conte épique, visuellement éblouissant, mais au tournage chaotique. The Fisher King (1991), plus maîtrisé, lui vaut un Lion d’Argent à Venise et des nominations aux Oscars. 12 Monkeys (1995), variation sur la boucle temporelle et la paranoïa, devient un vrai succès critique et public, avec Bruce Willis et Brad Pitt dans des contre-emplois marquants.
Mais Terry Gilliam est aussi rattrapé par sa légende : celle d’un cinéaste maudit, perpétuellement empêché, bloqué, retardé, contredit par les financiers. Le projet de sa vie, The Man Who Killed Don Quixote, en est l’illustration parfaite. Commencé en 1998, interrompu par des désastres divers (maladie, inondation, acteurs démissionnaires), documenté dans le fascinant Lost in La Mancha, il finit par voir le jour… vingt ans plus tard, en 2018. Un accouchement aussi absurde que quixotique. Et forcément, signé Gilliam.
Un style visuel unique, profondément artisanal
Le cinéma de Terry Gilliam, c’est un peu comme un rêve fait à la main. Les décors sont souvent construits physiquement, les effets spéciaux viennent de l’école "bricolage", les angles de caméra sont distordus, les visages souvent filmés en très gros plan. Il n’aime ni les lignes droites, ni les surfaces lisses.
Ses personnages sont presque toujours des hommes dépassés, coincés entre un monde qui les écrase et un imaginaire qui les sauve — ou les détruit. Il y a dans ses films un mélange de drôlerie et de cruauté, une tendresse pour les fous, et une rage contre les systèmes qui standardisent tout.
On peut le rattacher au surréalisme, au steampunk, au burlesque noir, mais aucune de ces étiquettes ne suffit. Gilliam, c’est Gilliam, point.
Un outsider devenu monument… sans jamais devenir sage
Bien que son influence soit immense — sur des cinéastes comme Guillermo del Toro, Jean-Pierre Jeunet, Michel Gondry ou même Tim Burton — Terry Gilliam est resté un cinéaste marginal, au sens noble du terme. Il n’a jamais dirigé de franchise, ni cédé aux sirènes de l’industrie. Il reste ce trublion à lunettes rondes, souvent en colère, toujours passionné, parfois de mauvaise foi, mais radicalement intègre dans sa démarche artistique.
Ses films ne sont pas parfaits. Certains partent dans toutes les directions, d’autres s’effondrent sous leur propre ambition. Mais même dans leurs failles, ils restent infiniment plus vivants que bien des productions formatées.
Et s’il y a une chose que Terry Gilliam ne supporte pas, c’est bien la tiédeur.
Filmographie
9 sur 9 films