Steven Berkoff
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
Biographie
Steven Berkoff est né le 3 août 1937 à Stepney, dans l’East End de Londres, au Royaume-Uni. Issu d’une famille juive d’origine russe, Steven Berkoff s’est rapidement distingué comme une figure singulière du théâtre et du cinéma britanniques. Tour à tour acteur, metteur en scène, auteur et même poète, il a bâti une carrière éclectique, entre art engagé, performances intenses et rôles de méchants légendaires. Avec son phrasé théâtral et son regard perçant, il dégage à l’écran comme sur scène une énergie à la fois fascinante et menaçante. Autant dire qu’on ne l’invite pas à jouer l’oncle sympa dans les réunions de famille.
Une formation classique pour un anticonformiste déclaré
Steven Berkoff suit une formation théâtrale rigoureuse, d’abord à la Webber Douglas Academy of Dramatic Art à Londres, puis au L'École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris. Ce passage par Lecoq, figure centrale du théâtre physique, marque profondément son approche du jeu et de la mise en scène. Il développe rapidement un style qui mêle expression corporelle, langage stylisé et dénonciation sociale, loin du réalisme psychologique souvent privilégié dans le théâtre britannique de l’époque.
Très vite, Steven Berkoff refuse de se plier aux codes établis. Il fonde sa propre compagnie, The London Theatre Group, et commence à écrire et monter ses propres pièces. Son théâtre est physique, direct, souvent brutal, mais aussi profondément réfléchi. Il explore des thèmes comme la marginalisation, l'autorité, l’absurdité de la société moderne. Il n’épargne personne, ni les puissants ni les spectateurs.
Un théâtre engagé, souvent controversé
Parmi ses œuvres les plus connues, East (1975) reste emblématique de son style : un mélange de cockney brut, de verbe shakespearien et d’exubérance scénique. Dans cette pièce comme dans beaucoup d’autres, Steven Berkoff parle des laissés-pour-compte de Londres, des colères sourdes qui grondent derrière les façades ordinaires. D'autres pièces comme Greek, Decadence ou Sink the Belgrano! prolongent cette veine provocatrice, politique et poétique.
Steven Berkoff n’a jamais eu peur de déranger. Il assume d’ailleurs une relation conflictuelle avec les institutions théâtrales britanniques, les accusant souvent de frilosité, de conformisme et d’élitisme. Pas exactement le genre à envoyer des cartes de vœux à la Royal Shakespeare Company.
Une figure incontournable des "bad guys" au cinéma
Côté cinéma, Steven Berkoff est surtout connu pour ses rôles de méchants charismatiques, souvent glacials, parfois presque caricaturaux, mais toujours mémorables. Il est le général Orlov dans Octopussy (1983), un officier soviétique radical face à James Bond. Dans Beverly Hills Cop (1984), il incarne Victor Maitland, le trafiquant d’art sournois et redoutable. Et dans Rambo: First Blood Part II (1985), il est encore un antagoniste impitoyable, le lieutenant-colonel Podovsky.
Le fait que Steven Berkoff soit systématiquement appelé pour jouer des vilains européens au cinéma américain n’a rien d’un hasard : son regard perçant, sa diction théâtrale et sa présence physique imposante en font un méchant idéal. Il reconnaît d’ailleurs lui-même ce typecasting, qu’il accepte avec ironie mais sans soumission.
Plus récemment, on l’a vu dans The Girl with the Dragon Tattoo (2011) ou encore dans Alex Rider, preuve que les rôles de mentor ambivalent ou de figure d’autorité sombre lui vont toujours aussi bien.
Steven Berkoff, l’écrivain en colère
En parallèle de sa carrière d’acteur, Steven Berkoff publie aussi des recueils de poésie, des essais, et bien sûr, ses pièces de théâtre. Il y parle sans détour du métier d’acteur, de la condition humaine, mais aussi de politique, de culture, de la décadence de l’Occident. Il ne mâche pas ses mots, parfois au point de susciter des polémiques. Son franc-parler lui vaut autant de respect que de critiques.
Il publie aussi une autobiographie, Free Association, dans laquelle il revient sur son parcours, ses frustrations avec le milieu artistique, mais aussi ses inspirations profondes. On y retrouve un homme profondément engagé, parfois amer, souvent passionné, toujours fidèle à lui-même.