Simon Abkarian
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Simon Abkarian, né le 5 mars 1962 à Gonesse, en France, est un acteur, metteur en scène et auteur franco-arménien, connu pour sa présence magnétique, sa voix rocailleuse et son jeu d’une intensité presque incantatoire. Figure incontournable du théâtre contemporain français, Simon Abkarian est aussi un visage marquant du cinéma européen, capable d’osciller entre drame intime, épopée historique et récit politique. Il incarne depuis plus de trente ans un art de l’interprétation profondément incarné, ancré dans la mémoire, l’exil, la colère ou l’amour tragique.
Des racines arméniennes, une identité artistique forte
D’origine arménienne, Simon Abkarian passe une partie de sa jeunesse au Liban, puis à Los Angeles, avant de revenir en France. Ce parcours transcontinental, marqué par l’histoire mouvementée de la diaspora arménienne, imprègne fortement son imaginaire. Il rejoint un temps le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, collectif emblématique où il apprend une forme de jeu corporel, choral et politique.
Ce passage au théâtre engagé, exigeant, marque profondément sa vision du métier. Simon Abkarian ne sera jamais un acteur de surface : pour lui, jouer, c’est raconter une mémoire collective, donner corps à des luttes, à des silences, à des douleurs enfouies. Cette exigence, il la portera tout au long de sa carrière, sur scène comme à l’écran.
Un acteur de cinéma tout en intensité
Au cinéma, Simon Abkarian débute dans les années 1990, souvent dans des rôles marqués par l’exil, la douleur ou la violence sourde. Il se fait remarquer dans La vérité si je mens ! (1997), dans le rôle de Serge Benamou, mais c’est surtout dans des films d’auteur qu’il impose sa force.
Il enchaîne avec des œuvres comme Aram (2002), Les femmes du 6e étage, Prendre femme, Le Dernier Gang ou encore Yes de Sally Potter, film en vers libres, dans lequel il tient un rôle principal face à Joan Allen. Son accent chantant, sa diction lente et grave, sa manière d’habiter les silences le distinguent immédiatement.
Mais il sait aussi se glisser dans des univers plus grand public : on le retrouve dans Casino Royale (2006), dans un petit rôle d’adversaire de James Bond, ou encore dans Rendition (2007) aux côtés de Jake Gyllenhaal.
Que ce soit dans des productions françaises, britanniques ou américaines, Simon Abkarian incarne souvent des personnages d'autorité, de douleur ou de mystère, et leur apporte une densité immédiate, presque charnelle.
Théâtre : l’espace de liberté totale
S’il tourne régulièrement, Simon Abkarian n’a jamais quitté le théâtre, qu’il considère comme son espace de création le plus libre. En tant que metteur en scène, il y développe un théâtre à la fois poétique, politique et profondément ancré dans les cultures méditerranéennes.
Avec sa compagnie, il monte des pièces écrites ou adaptées par ses soins, comme Le Dernier Jour du jeûne ou Electre des bas-fonds, dans lesquelles il mêle tragédie antique, culture populaire, musique, danse et langue parlée. Ce théâtre total, souvent salué par la critique, attire un public fidèle et curieux. Il y travaille avec des comédiens fidèles, dans une logique de troupe qui rappelle ses débuts au Théâtre du Soleil.
En 2020, Electre des bas-fonds, présenté au théâtre du Soleil, est récompensée par le Molière du meilleur spectacle du théâtre public, et Simon Abkarian reçoit le Molière du metteur en scène. Une consécration pour un artiste qui a toujours mis son art au service d’un propos collectif.
Un acteur engagé, sans discours superflu
Simon Abkarian n’est pas un acteur qui s’épand dans les médias. Il parle peu, mais il joue beaucoup. Et dans chacun de ses rôles, on sent une implication profonde, presque politique, au sens noble du terme. Il ne choisit jamais ses projets à la légère, et s'engage autant pour la forme que pour le fond. L'identité, l'exil, la mémoire collective, le féminin et la révolte sont des thèmes qui traversent toute son œuvre.
Il a également joué dans plusieurs fictions télévisées (comme Kaboul Kitchen), mais toujours en choisissant des rôles où il peut défendre une parole singulière. Il est de ces comédiens qui préfèrent une carrière cohérente à une visibilité opportuniste.