Romany Malco
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Romany Malco est né le 18 novembre 1968 à Brooklyn, New York, aux États-Unis, dans une famille d’origine trinidadienne. Si son nom ne vous saute pas tout de suite aux oreilles, son visage, lui, est difficile à oublier.
Depuis les années 2000, Romany Malco s’est imposé comme une figure singulière du cinéma et de la télévision américains, capable de naviguer entre comédie décomplexée, drame humain et prise de parole engagée, sans jamais perdre son authenticité. Acteur, scénariste, producteur et même ancien musicien, Romany Malco cultive une trajectoire à part dans une industrie où les parcours bien balisés sont souvent la norme. Il ne suit pas les tendances : il les contourne. Ce n’est peut-être pas la voie la plus rapide vers la célébrité, mais c’est celle qui lui permet d’exister pleinement en tant qu’artiste… et en tant qu’homme.
Avant le cinéma : hip-hop, MTV et flow old school
Avant d’entrer dans le monde du cinéma, Romany Malco fait ses armes dans la musique. Il fonde dans les années 1980 le groupe de rap College Boyz, qui connaît un certain succès au début des années 1990 avec le titre Victim of the Ghetto. À l’époque, il écrit déjà beaucoup, joue avec les codes, et trouve dans le micro un espace pour exprimer ce qui l’agite.
Il quitte progressivement la scène musicale pour se tourner vers le jeu d’acteur, encouragé, dit-on, par une rencontre avec John Leguizamo, qui repère son potentiel comique et expressif. Et il faut dire que Romany Malco, avec son regard franc, sa diction rythmée et son timing millimétré, possède un vrai sens de la scène… même quand ce n’est plus une scène de concert.
40 ans, toujours puceau et le décollage comique
C’est avec 40 ans, toujours puceau (The 40-Year-Old Virgin, 2005) que Romany Malco explose véritablement à l’écran. Dans ce film de Judd Apatow, il incarne Jay, collègue grande gueule et « coach de vie » improvisé du personnage principal joué par Steve Carell. Le rôle, à la fois hilarant et sincère, révèle au grand public un acteur capable de faire rire sans tomber dans la caricature.
Ce type de rôle, Romany Malco aurait pu le répéter à l’infini. Mais au lieu de cela, il choisit de varier les expériences : on le retrouve dans des films comme Blades of Glory, Think Like a Man, Baby Mama, ou encore The Love Guru, où il explore différents registres de la comédie, avec un sens du rythme et une capacité à incarner des personnages qui sont bien plus que des seconds rôles amusants.
Il incarne souvent des hommes à l’aise avec les mots, mais pas toujours avec leurs émotions. Des figures masculines en apparence confiantes, voire arrogantes, mais qui laissent transparaître, au détour d’un regard ou d’un silence, une faille plus profonde. Et c’est peut-être là que Romany Malco surprend le plus : dans sa capacité à jouer l’humour… avec sérieux.
Le virage vers le drame et la télévision
À partir des années 2010, Romany Malco prend un virage plus marqué vers les rôles dramatiques, notamment à la télévision. Il joue dans Weeds, série acide et satirique où il incarne Conrad Shepard, un producteur de cannabis attachant et intelligent, pris dans les mailles d’un monde instable. Ce rôle lui vaut une reconnaissance critique et installe une autre facette de son jeu, plus intérieure.
Mais c’est surtout avec A Million Little Things (2018–2023) que Romany Malco s’impose durablement dans le registre dramatique. Il y incarne Rome Howard, un réalisateur en devenir confronté à la dépression, à la parentalité et aux deuils qui jalonnent la vie adulte. La série explore les thèmes de la santé mentale, de l’amitié masculine et de la vulnérabilité, et Romany Malco y livre une interprétation d’une grande justesse, souvent saluée par les critiques.
Ce rôle marque une étape importante : celle d’un acteur qui ne se cache plus derrière l’humour pour parler des vraies choses. Il devient une voix qui compte, à l’écran comme en dehors.
Hors caméra, un homme de convictions
Romany Malco, c’est aussi une personnalité engagée, qui prend la parole sur des sujets qui dépassent le monde du divertissement. Sur ses réseaux sociaux, dans des vidéos ou des tribunes, il aborde sans détour la représentation des Noirs à l’écran, les inégalités sociales, les questions de santé mentale, ou encore la paternité. Il le fait sans posture, avec un ton direct, parfois sarcastique, souvent profondément humain.
Il a d’ailleurs créé sa propre plateforme, Tijuana Jackson, autour d’un personnage de coach de vie ex-taulard qu’il interprète et développe depuis plusieurs années. À travers ce projet, Romany Malco mêle satire, critique sociale et auto-dérision, dans un format hybride entre comédie et réflexion. Le film Tijuana Jackson: Purpose Over Prison, sorti en 2020, en est l’aboutissement, produit en grande partie de manière indépendante.