Roberto Benigni
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 2 films |
| Récompenses | 10 nominations et 6 victoires |
Biographie
Roberto Benigni, né le 27 octobre 1952 à Manciano La Misericordia, un hameau de Castiglion Fiorentino, en Toscane (Italie), est un acteur, réalisateur, scénariste et humoriste italien. Son nom est à jamais associé à La vita è bella (La vie est belle), film multi-récompensé qui a touché des millions de spectateurs à travers le monde. Mais Roberto Benigni, c’est bien plus qu’un sourire dans la tragédie. C’est une figure majeure du cinéma italien contemporain, héritier des grands burlesques, poète autodidacte, et orateur flamboyant dont le rire cache toujours une profonde humanité.
Un autodidacte survolté venu du théâtre de rue
Fils d’un ouvrier ayant survécu à la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, Roberto Benigni grandit dans un univers modeste mais curieux de tout. Il quitte rapidement l’école et débute dans le théâtre expérimental, les cabarets, puis à la télévision italienne dans les années 1970, où il devient célèbre pour son énergie débordante et son humour irrévérencieux.
Ses premières apparitions à l’écran montrent un comique physique, bavard, provocateur, souvent comparé à Charlie Chaplin ou Buster Keaton, mais avec cette chaleur très italienne mêlée d’exubérance et de gravité. Benigni rit de tout, mais avec tendresse.
Une montée en puissance entre comédie et satire sociale
Dans les années 1980, il devient un visage familier du cinéma italien. Il tourne plusieurs films à succès, notamment Il piccolo diavolo (Le Petit Diable), Johnny Stecchino (où il incarne un double improbable d’un mafieux), et Il Mostro (Le Monstre, 1994), tous marqués par un humour absurde, parfois farcesque, mais toujours ancré dans la critique sociale.
Sa collaboration avec Jim Jarmusch dans Down by Law (1986) le fait connaître à l’international. Il y joue un immigré italien loquace et attendrissant, coincé en prison avec deux compagnons d’infortune. Ce rôle donne un avant-goût de ce qui fera sa force : l’alliance de la comédie et de la poésie, du rire et de la mélancolie.
La vita è bella : le film qui bouleverse le monde
En 1997, Roberto Benigni écrit, réalise et interprète La vita è bella (La vie est belle), une œuvre audacieuse qui aborde l’Holocauste à travers le prisme de l’amour paternel et de l’imaginaire comique. Il y joue Guido, un libraire juif fantasque, déporté avec sa femme et son fils dans un camp nazi, et qui tente de protéger l’enfant de l’horreur en lui faisant croire que tout cela n’est qu’un jeu.
Le film, salué pour sa sensibilité et sa singularité de ton, divise certains critiques mais bouleverse le public international. Il remporte le Grand Prix du Jury à Cannes, trois Oscars (meilleur acteur, meilleur film étranger et meilleure musique), et des dizaines d'autres prix à travers le monde.
Le moment où Benigni bondit sur les sièges du Dolby Theatre à Hollywood pour recevoir son Oscar reste l’un des instants les plus mémorables de l’histoire des cérémonies. Un mélange d’euphorie, de gratitude sincère et de folie douce, à l’image de son cinéma.
Une carrière marquée par des choix personnels et culturels
Après La vita è bella, Roberto Benigni poursuit une carrière moins régulière, fidèle à ses envies plutôt qu’aux attentes du marché. En 2002, il adapte Pinocchio, qu’il réalise et interprète. Le film, très personnel, est un succès commercial en Italie mais un échec critique aux États-Unis. D’autres projets suivent, dont La tigre e la neve (Le Tigre et la Neige, 2005), mêlant comédie romantique et guerre en Irak.
Au-delà du cinéma, Benigni se fait aussi connaître pour ses lectures publiques passionnées de Dante. Il parcourt l’Italie avec des récitals du Paradis et de L’Enfer, récités de mémoire avec un feu sacré impressionnant, devenant une sorte de troubadour national, capable de faire vibrer les foules avec un texte vieux de plusieurs siècles.
Roberto Benigni, entre clown sacré et conscience collective
Il serait réducteur de ne voir en Roberto Benigni qu’un amuseur. Il est l’un des rares artistes contemporains à mêler aussi profondément culture populaire et littérature, rire et tragédie, mémoire historique et spontanéité.
Sa carrière, loin d’être linéaire, témoigne d’un choix constant : faire du cinéma un acte poétique, même au risque du ridicule ou de l’échec. Il préfère émouvoir que séduire, éveiller que plaire, quitte à désarçonner.
Une figure unique du cinéma européen
Aujourd’hui, Roberto Benigni reste une figure profondément respectée en Italie et dans le monde. Son nom évoque à la fois le rire d’un enfant et la gravité de l’Histoire, le jeu théâtral le plus burlesque et la récitation solennelle des grands textes.
Qu’on l’aime pour La vita è bella, pour ses envolées lyriques, ou pour ses maladresses sincères, Benigni n’a jamais cessé d’être fidèle à lui-même : un clown qui croit au pouvoir du mot, du rêve, et de la beauté, même dans les ténèbres.
Filmographie
2 sur 2 films