Robert Goulet
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Robert Goulet est né le 26 novembre 1933 à Lawrence, dans le Massachusetts (États-Unis), mais il a grandi au Canada, ce qui explique qu’il soit souvent présenté comme canadien-américain.
Chanteur à la voix de baryton reconnaissable entre mille, acteur de théâtre et de cinéma, Robert Goulet a connu son heure de gloire dans les années 1960, notamment grâce à la comédie musicale Camelot. Icône à la fois de Broadway et de la télévision, il incarne une certaine élégance d’époque, où costume impeccable et diction parfaite étaient les accessoires indispensables de toute star. Avec une carrière qui a traversé les décennies, souvent ponctuée d’auto-parodies et de clins d’œil complices, Robert Goulet laisse l’image d’un artiste aussi talentueux qu’un brin théâtral, mais c’était aussi tout son charme.
Un début marqué par Camelot et une voix qui conquiert Broadway
C’est sur scène que Robert Goulet se révèle au grand public. En 1960, il est choisi pour jouer Lancelot dans la comédie musicale Camelot, aux côtés de Richard Burton et Julie Andrews. Sa performance et surtout sa voix chaude et puissante font immédiatement sensation. Le titre If Ever I Would Leave You, qu’il interprète dans le spectacle, devient emblématique de son style vocal : romantique, vibrant, un rien emphatique, mais toujours parfaitement contrôlé.
Ce rôle lance véritablement sa carrière. Il devient une figure incontournable de Broadway, et l’un des rares artistes canadiens de l’époque à réussir une percée aussi marquée aux États-Unis. Grâce à son charisme et à sa prestance, Robert Goulet incarne à lui seul un certain glamour de la scène new-yorkaise des années 60.
Télévision, variétés et disques : la polyvalence d’un artiste complet
Le succès de Camelot propulse Robert Goulet vers d’autres formats. Il enregistre plusieurs albums, entre reprises de standards américains et morceaux plus pop. Sa voix devient son principal atout marketing, et il se retrouve régulièrement invité sur les plateaux des grands shows télévisés américains, notamment ceux d’Ed Sullivan ou de Carol Burnett.
Il devient aussi un visage familier des émissions de variétés, ce qui contribue à forger son image de crooner élégant. Ses albums se vendent bien, et il reçoit même un Grammy Award en 1963 dans la catégorie meilleur nouvel artiste. À noter que ce n’est pas rien : ce prix a souvent été attribué à des talents promis à une longue carrière… et Robert Goulet ne fait pas exception.
En parallèle, il apparaît dans des téléfilms, des séries, et joue dans quelques longs-métrages. Il n’a jamais été une star de cinéma à proprement parler, mais sa présence, sa stature et sa voix lui permettent d’endosser des rôles secondaires mémorables, et toujours livrés avec un certain panache.
Une carrière qui évolue entre hommage, parodie et second degré
Avec les années, Robert Goulet est peu à peu devenu un symbole vivant d’une certaine époque du spectacle, celle des variétés, des orchestrations pleines de cordes, des vibratos assumés. Et au lieu de fuir cette image, il a su la cultiver avec humour. On le voit apparaître dans des spots publicitaires, dans des séries, ou encore dans Beetlejuice (1988), dans un rôle qui joue habilement avec sa réputation de chanteur à l’ancienne.
Plus tard, il devient même une figure de la culture pop un peu kitsch, notamment grâce à des sketches où il parodie son propre style. Il prête sa voix ou son image à des campagnes humoristiques, des dessins animés (Recess, Hey Arnold!) ou même à des émissions comme Saturday Night Live, où son personnage est régulièrement pastiché avec une affection moqueuse mais sincère.
En bref, Robert Goulet a su prendre du recul sur lui-même, ce qui l’a rendu encore plus attachant aux yeux du public. Il est devenu, malgré lui ou grâce à lui, une figure culte.
Une dernière note en douceur
Robert Goulet est décédé le 30 octobre 2007, à l’âge de 73 ans, des suites d’une fibrose pulmonaire. Il laisse derrière lui une carrière marquée par la constance, l’élégance, et une certaine capacité à traverser les modes sans jamais vraiment chercher à les suivre.
Sa voix, elle, reste gravée dans la mémoire collective de plusieurs générations. Elle appartient à cette époque où l’on pouvait conquérir Broadway avec une seule chanson bien placée, où les artistes étaient à la fois chanteurs, comédiens, et hommes de scène.