Robert Fortier
- Casting
Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Robert Fortier, né le 5 novembre 1926 à West Hollywood, en Californie, et décédé le 1er janvier 2005 à Orange, en Californie également, était un acteur américain au parcours typique de ces seconds rôles qu’on voit partout sans forcément savoir les nommer. Présent dans le paysage audiovisuel américain durant près de quatre décennies, Robert Fortier s’est illustré à la fois sur le petit et le grand écran, souvent dans des rôles modestes mais toujours bien tenus.
Un début de carrière marqué par la polyvalence
Avant de se consacrer à la comédie, Robert Fortier mène brièvement une carrière de danseur professionnel, ce qui explique la fluidité de sa gestuelle et sa présence physique bien particulière. Il commence à apparaître à l’écran dans les années 1950, une époque charnière où la télévision prend son essor et où les studios de cinéma multiplient les productions de série B. Dans ce contexte, Robert Fortier devient rapidement un acteur très actif, souvent engagé pour jouer des personnages secondaires dans des westerns, des séries policières ou des comédies familiales.
Sa filmographie compte une multitude de petits rôles, souvent non crédités au début, mais qui témoignent d’un certain savoir-faire. Il est de ces acteurs qui, sans jamais s’imposer comme têtes d’affiche, garantissent une certaine authenticité aux scènes où ils apparaissent.
Une figure familière des séries télévisées
C’est surtout à la télévision que Robert Fortier trouve sa place. Dès les années 1960, il apparaît dans de nombreuses séries à succès de l’époque. On le croise notamment dans Bonanza, Perry Mason, The Twilight Zone et Gunsmoke, autant de classiques du petit écran où il tient des rôles ponctuels mais solides. Il devient ce qu’on appelle dans le milieu un "character actor", c’est-à-dire un comédien spécialisé dans les seconds rôles marquants, souvent stéréotypés, mais toujours nécessaires au bon équilibre d’un récit.
L’un de ses rôles les plus notables à la télévision reste celui de Olaf “Big Olaf”, dans la série One Man’s Family, même si cette série a aujourd’hui largement disparu de la mémoire collective. À mesure que les années passent, Robert Fortier continue de multiplier les apparitions dans des séries emblématiques, sans jamais chercher à se réinventer ou à forcer le destin vers les premiers rôles.
Une présence remarquée dans McCabe & Mrs. Miller de Robert Altman
Côté cinéma, le moment sans doute le plus marquant de la carrière de Robert Fortier reste sa collaboration avec Robert Altman dans le western McCabe & Mrs. Miller (John McCabe, 1971). Dans ce film culte, il joue un employé de l'hôtel, l’un de ces rôles discrets mais cruciaux pour donner vie à l’univers singulier imaginé par Altman. Fidèle à son habitude, Robert Fortier ne cherche pas à voler la scène, mais participe à sa manière à l’atmosphère feutrée, presque crépusculaire, du film.
Il retrouvera Altman à plusieurs reprises, notamment dans Health (1980) et Popeye (1980), ce qui témoigne d’un lien de confiance entre les deux hommes. Quand un réalisateur comme Altman fait appel plusieurs fois au même acteur, même pour des rôles secondaires, cela en dit long sur sa fiabilité et sa justesse de jeu.
Une carrière sans excès, mais pleine de constance
Ce qui frappe dans le parcours de Robert Fortier, c’est l’extrême régularité de sa carrière. Pas de gros scandales, pas de virage brutal, pas de grande percée ni de déclin soudain. Il traverse les décennies avec une constance rare, enchaînant les tournages, sans faire de bruit mais sans interruption notable. Il travaille jusqu’au début des années 1990, avant de se retirer progressivement de l’industrie.
Il n’a jamais cherché à devenir une star, et c’est sans doute ce qui lui a permis de durer aussi longtemps dans un milieu aussi fluctuant. Robert Fortier appartient à cette génération d’acteurs pour qui le métier se vit dans la durée, pas dans la recherche de coups d’éclat.
Un visage oublié, mais une empreinte durable
Aujourd’hui, Robert Fortier est peu cité dans les rétrospectives sur l’âge d’or de la télévision américaine, et pourtant, il en est l’un des maillons invisibles. Son visage traverse plusieurs décennies de fiction américaine, apportant à chaque apparition une touche de réalisme, de modestie, parfois de douceur ou de rudesse selon les besoins du rôle.
Il laisse derrière lui une filmographie aussi discrète qu’impressionnante, faite de petits rôles, de scènes parfois fugaces, mais qui, mis bout à bout, forment un parcours à l’image de son jeu : humble, solide, et toujours juste.