Robert Duvall
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 14 films |
| Récompenses | 10 nominations et 2 victoires |
Biographie
Robert Selden Duvall est né le 5 janvier 1931 à San Diego, en Californie (États-Unis). Américain d’origine, il incarne depuis plus de soixante ans une certaine idée du cinéma américain : rigoureux, enraciné, discret mais profondément puissant. À contre-courant des excès hollywoodiens, Robert Duvall s’est imposé comme l’un des comédiens les plus respectés de sa génération, à la fois dans des premiers rôles exigeants et dans des seconds rôles d’une intensité remarquable.
Une formation solide et des débuts marqués par le théâtre
Fils d’un amiral de la Navy, Robert Duvall choisit un chemin artistique qui tranche avec les attentes militaires familiales. Après des études à la Principia College dans l’Illinois, il s’oriente vers la comédie et intègre la Neighborhood Playhouse School of the Theatre à New York, où il a pour camarade un certain Dustin Hoffman. Il y suit l’enseignement de Sanford Meisner, figure majeure de la méthode de jeu réaliste qui influencera toute sa carrière.
Il débute sa vie professionnelle sur scène, dans des productions exigeantes, avant de faire une entrée mémorable dans le cinéma.
Une révélation sobre et immédiate dans To Kill a Mockingbird
C’est en 1962 que Robert Duvall apparaît pour la première fois à l’écran, dans le rôle muet mais saisissant de Boo Radley dans To Kill a Mockingbird (Du silence et des ombres). Il n’a qu’une poignée de scènes, pas une ligne de dialogue, mais sa présence fascine. Ce premier rôle cristallise déjà son style : un jeu intérieur, tout en silences habités et en intensité retenue.
Les années suivantes, il s’impose progressivement comme l’un des acteurs de soutien les plus solides du cinéma américain. Il tourne avec les plus grands : Francis Ford Coppola, George Lucas, Robert Altman, Sidney Lumet, avec des performances qui, même secondaires, laissent rarement indifférent.
The Godfather, Apocalypse Now : Robert Duvall et le Nouvel Hollywood
Dans The Godfather (1972), Robert Duvall campe Tom Hagen, le consigliere du clan Corleone. Il n’est ni violent, ni impulsif, mais c’est sa calme autorité, sa loyauté froide et son intelligence stratégique qui marquent les esprits. Il reprend le rôle dans les deux volets suivants, et cimente ainsi sa place dans l’une des plus grandes sagas de l’histoire du cinéma.
En 1979, dans Apocalypse Now, toujours sous la direction de Francis Ford Coppola, il incarne le lieutenant-colonel Kilgore, personnage extravagant et terrifiant, connu pour sa célèbre réplique : "I love the smell of napalm in the morning." Un rôle court mais inoubliable, pour lequel il reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle.
Sa capacité à rendre crédibles des personnages très différents, souvent dans des contextes extrêmes, fait de lui un acteur caméléon à l’ancrage toujours crédible.
Une reconnaissance tardive mais incontestable
C’est en 1983 que Robert Duvall décroche enfin l’Oscar du meilleur acteur, pour Tender Mercies (Tendre Bonheur), où il incarne un chanteur de country en quête de rédemption. Le film est discret, intimiste, presque passé inaperçu en dehors des cercles critiques. Mais sa performance, d’une humanité bouleversante, impose définitivement Duvall comme un acteur de premier plan.
Il continue à travailler sans relâche dans les décennies suivantes, alternant productions indépendantes et films à grand public : The Apostle (qu’il écrit, réalise et interprète en 1997), A Civil Action, The Judge, Open Range, ou encore Widows. Il prouve qu’à chaque âge de la vie, le métier d’acteur peut évoluer sans perdre en force.
Un regard lucide sur l’Amérique
Si Robert Duvall est tant apprécié des réalisateurs américains, c’est aussi parce qu’il porte en lui une image de l’Amérique profonde, authentique, sans artifices. Il excelle à jouer des figures rurales, militaires, religieuses ou paternelles. Ses personnages sont souvent marqués par le doute, la rigueur morale, ou l’attachement à des valeurs anciennes – non sans contradictions.
Avec sa voix grave, son regard perçant, et sa capacité à écouter avant de parler, il fait partie de ces rares acteurs capables de faire exister un personnage sans jamais surjouer.
Vie personnelle et discrétion choisie
Marié depuis 2005 à l’Argentine Luciana Pedraza, Robert Duvall cultive une vie privée discrète, loin des excès de ses pairs. Passionné de tango, il possède une maison en Argentine, où il séjourne régulièrement. Il s’engage ponctuellement dans certaines causes sociales, mais évite les prises de position spectaculaires.
À l’image de sa carrière, sa vie est guidée par la constance, la mesure et la fidélité à ses principes. Pas de faux-semblants, pas de mise en scène de lui-même. Juste un amour sincère du métier.