Richard Crenna
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Richard Crenna est né le 30 novembre 1926 à Los Angeles, en Californie (États-Unis), et s’est éteint le 17 janvier 2003, à l’âge de 76 ans. Acteur au long cours, aussi crédible dans les rôles de jeunes premiers que dans ceux de figures paternelles, militaires ou politiques, Richard Crenna a traversé près de six décennies de cinéma et de télévision sans jamais perdre de sa justesse. Loin des éclats de star, il a su imposer un style sobre, rigoureux et profondément humain.
Un début précoce à la radio, puis une ascension télévisuelle
La carrière de Richard Crenna commence très tôt. Il débute à la radio dès l’adolescence, prêtant sa voix à des programmes populaires dans les années 1940. À une époque où le petit écran n’existe pas encore, c’est par le biais de l’audio qu’il affine son sens du rythme, du dialogue, et de l’interprétation.
Quand la télévision entre dans les foyers américains, Richard Crenna est déjà prêt. Il devient célèbre grâce à son rôle de Walter Denton dans la sitcom Our Miss Brooks, rôle qu’il incarne d’abord à la radio, puis à la télévision. Son timbre nasillard et son jeu comique en font une figure familière du public. Par la suite, il enchaîne avec la série The Real McCoys (1957–1963), où il tient un rôle central pendant six saisons. À ce stade, il est l’un des visages récurrents de la télé américaine.
Mais Richard Crenna refuse de rester enfermé dans la comédie légère. Il amorce une transition vers des rôles plus graves, plus complexes, une évolution qu’il réussit sans forcer, grâce à sa présence calme et à sa grande adaptabilité.
Un virage réussi vers le cinéma et les rôles dramatiques
Dans les années 1970 et 1980, Richard Crenna s’impose au cinéma avec des rôles solides dans des drames, des thrillers et des films d’action. Il apparaît dans Wait Until Dark (1967), aux côtés d’Audrey Hepburn, où il incarne un personnage manipulateur dans un huis clos angoissant. On le voit également dans The Sand Pebbles avec Steve McQueen, Body Heat de Lawrence Kasdan, ou encore The Flamingo Kid.
Ce qui caractérise Richard Crenna, c’est sa capacité à jouer des hommes d’autorité sans jamais tomber dans la caricature : militaires, avocats, pères de famille, chefs de service... Il est l’homme de confiance, celui qui détient les clés mais qui, parfois, vacille sous le poids des responsabilités.
Le rôle du colonel Trautman : figure tutélaire de Rambo
Pour toute une génération, Richard Crenna, c’est le colonel Sam Trautman, mentor et supérieur de John Rambo dans la célèbre saga débutée en 1982 avec First Blood. Ce rôle, qu’il reprend dans les deux suites immédiates, est fondamental pour comprendre le personnage de Rambo : Trautman est à la fois guide, protecteur et témoin de la fracture entre l’armée et la société civile.
Face à un Sylvester Stallone intense, souvent silencieux, Richard Crenna incarne l’homme qui parle, qui explique, qui tente de sauver ce qui peut l’être. Son interprétation donne de l’épaisseur au récit, en apportant une touche d’humanité, voire de paternalisme, dans un univers dominé par la brutalité.
Fait amusant : Richard Crenna a obtenu ce rôle en dernière minute, en remplacement d’un autre acteur (Kirk Douglas), et a dû apprendre ses lignes en urgence. Le résultat à l’écran est pourtant d’une fluidité exemplaire.
Une parodie en clin d’œil : Hot Shots! Part Deux
Preuve de son intelligence de jeu et de son sens de l’autodérision, Richard Crenna accepte en 1993 de parodier son propre rôle dans Hot Shots! Part Deux, où il joue le colonel Denton Walters, version burlesque de Trautman. Une apparition hilarante, qui montre que l’acteur ne se prend pas trop au sérieux, même après des années à incarner des figures d’autorité.
Ce clin d’œil plaît autant aux fans de Rambo qu’aux amateurs de comédie, et vient ajouter une touche légère à une filmographie dominée par le sérieux et la rigueur.
Une carrière couronnée par la télévision, jusqu’au bout
En parallèle de ses apparitions au cinéma, Richard Crenna ne quitte jamais vraiment le petit écran. Il enchaîne les téléfilms, les séries policières et les drames judiciaires. En 1985, il remporte un Emmy Award pour son rôle dans The Rape of Richard Beck, où il incarne un policier victime d’un viol. Un rôle fort, sensible, loin des stéréotypes, et qui démontre l’étendue de son registre.
Jusqu’à la fin de sa vie, Richard Crenna continue de tourner, notamment dans Judging Amy, où il interprète le père du personnage principal. Toujours avec ce même mélange de gravité tranquille et de chaleur contenue.
Une figure discrète mais essentielle du paysage hollywoodien
Richard Crenna, ce n’était pas le nom qui faisait vendre un film. Ce n’était pas non plus l’acteur des tapis rouges ou des controverses. Mais c’était un professionnel respecté, un pilier dans toutes les productions où il apparaissait. Il a su évoluer avec son époque, sans jamais renier ce qu’il était : un acteur sérieux, précis, profondément humain.
Dans les rôles de commandement, de père ou de mentor, il laissait toujours affleurer une forme de vulnérabilité. Et c’est sans doute cela, plus que ses galons fictifs ou ses uniformes, qui le rendait si convaincant.