Rémi Bezançon
- Réalisation
- Écriture
Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Rémi Bezançon, né le 25 mars 1971 à Paris (France), est un réalisateur et scénariste français dont l’œuvre est traversée par une sensibilité singulière pour les liens familiaux, le temps qui passe et les mouvements subtils de la vie ordinaire. Sans jamais chercher à révolutionner le langage cinématographique, Rémi Bezançon s’est imposé comme un conteur discret mais juste, attentif aux personnages, aux émotions vraies, et à cette chose presque invisible qu’on appelle la sincérité.
Formé à l'École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle (ESRA) puis à la Femis, Rémi Bezançon développe très tôt une écriture visuelle fluide, et un goût pour les récits choraux. Son style est accessible, mais jamais simpliste. Il navigue avec une certaine élégance entre la comédie douce-amère et le drame intimiste, avec toujours cette volonté de filmer des êtres humains dans toute leur complexité, et pas des caricatures.
Le Premier jour du reste de ta vie : un succès générationnel inattendu
C’est en 2008 que Rémi Bezançon connaît un véritable tournant dans sa carrière avec Le Premier jour du reste de ta vie, son deuxième long-métrage. À travers le portrait d’une famille sur cinq jours-clés, il signe un film sensible, tendre, parfois cruel, qui capte avec justesse les fractures générationnelles, les non-dits, et l’amour familial dans ce qu’il a de plus irrégulier.
La narration, fragmentée mais limpide, permet à chaque personnage de se déployer pleinement. Ce film révèle aussi Pio Marmaï, encore inconnu du grand public, dans un rôle qui lancera sa carrière. Le casting est d’ailleurs l’un des atouts majeurs du film, réunissant entre autres Jacques Gamblin, Zabou Breitman, et Déborah François, tous dirigés avec finesse.
Le Premier jour du reste de ta vie remporte plusieurs nominations aux Césars, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur, et confirme le talent de Rémi Bezançon pour raconter des histoires simples mais universelles.
Une écriture de l’intime, sans mièvrerie
Le cinéma de Rémi Bezançon ne cherche pas à bousculer les formes, ni à provoquer. Mais il se distingue par son attention constante aux détails du quotidien, à ce qui se joue dans une dispute de couple, un repas de famille, un silence entre deux phrases. Il filme les émotions à hauteur d’homme, sans emphase ni ironie, mais avec un regard bienveillant, et parfois une pointe d’humour désabusé.
Son écriture privilégie le rythme, les dialogues qui sonnent juste, et les personnages qui évoluent vraiment. Le temps est un thème central dans ses films : le temps qui construit, qui sépare, qui révèle, qui rattrape. C’est un cinéaste du mouvement intérieur, plus que de l’événement spectaculaire.
Un heureux événement : maternité et ambivalence
En 2011, Rémi Bezançon adapte le roman de Eliette Abécassis, Un heureux événement, avec Louise Bourgoin dans le rôle principal. Le film aborde frontalement la maternité, mais loin des clichés roses et attendus. On y découvre une femme confrontée aux bouleversements physiques et psychologiques que l’arrivée d’un enfant provoque, dans son couple comme dans son identité.
Ici encore, Rémi Bezançon choisit un ton oscillant entre légèreté et gravité, sans jamais tomber dans le jugement ni la démonstration. Le film suscite des réactions contrastées, notamment sur sa représentation peu idéalisée de la parentalité, mais il confirme le goût du réalisateur pour les récits à hauteur d’individu, avec une vraie attention au vécu.
Une collaboration fidèle avec des artistes et techniciens
L’univers de Rémi Bezançon repose aussi sur des fidélités, que ce soit dans l’écriture ou la musique. Il coécrit régulièrement ses scénarios avec Vanessa Portal, et collabore souvent avec Sinclair pour les bandes originales, dont les compositions rythment discrètement l’émotion des scènes.
Ses choix de casting révèlent une cohérence d’ensemble : Pio Marmaï, Jacques Gamblin, Zabou Breitman, ou encore Deborah François apparaissent dans plusieurs de ses films, preuve d’un attachement au travail d’équipe et à une certaine confiance artistique. Ce n’est pas un cinéma de l’exploit technique, mais du lien humain.
Une incursion dans l’animation et un goût pour l’enfance
En 2012, Rémi Bezançon co-réalise Zarafa, un film d’animation inspiré d’une histoire vraie, sur une girafe offerte au roi de France au XIXe siècle. Ce projet, mené avec Jean-Christophe Lie, tranche avec ses productions habituelles, mais reste fidèle à son goût pour les récits initiatiques, l’émotion sincère et la transmission. Le film rencontre un beau succès critique et public, confirmant la polyvalence discrète du réalisateur.
L’enfance, d’ailleurs, traverse régulièrement son œuvre. Pas comme simple ressort narratif, mais comme une période charnière, où se jouent des choses profondes, souvent invisibles. Que ce soit dans le regard porté sur les enfants ou sur les adultes qu’ils deviennent, Rémi Bezançon filme les moments de bascule, les passages, les pertes et les métamorphoses.
Une place singulière dans le cinéma français contemporain
Rémi Bezançon n’est pas un cinéaste tapageur, ni un provocateur. Il n’est pas non plus de ceux qui inondent les écrans d’un film par an. Il prend son temps, choisit ses sujets, développe ses projets avec patience. Cela lui confère une place à part dans le paysage du cinéma français : ni starisée, ni marginale, mais discrètement essentielle.
Il est de ces réalisateurs qu’on identifie davantage à travers leurs personnages qu’à travers leur image publique. Et c’est peut-être ce qui fait la force durable de son travail : une œuvre qui ne cherche pas à impressionner, mais à accompagner, à toucher juste, et à rester proche de ce que vivent les gens, dans toute leur complexité.
Filmographie
3 sur 3 films