Oliver Reed

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Détails

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Filmographie 3 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Oliver Reed, né le 13 février 1938 à Wimbledon, dans le Grand Londres (Angleterre) et décédé le 2 mai 1999 à La Valette, à Malte, est un acteur britannique aussi célèbre pour sa présence explosive à l’écran que pour ses excès hors caméra. Avec son physique imposant, sa voix grave et son regard d’acier, Oliver Reed a incarné une masculinité rugueuse, brutale, mais toujours profondément magnétique.

Longtemps perçu comme l’un des "bad boys" les plus notoires du cinéma britannique, il fut aussi un acteur au talent brut, capable de performances d’une intensité rare. Une personnalité à part, au croisement de la sauvagerie et du charisme, dont la carrière oscille entre chefs-d’œuvre, provocations et chaos personnel.

Une jeunesse trouble, un nom déjà célèbre

Issu d’une famille liée au cinéma — son oncle n’était autre que Sir Carol Reed, réalisateur de The Third ManOliver Reed ne prend pourtant pas le chemin académique. Élève dissipé, il enchaîne les petits boulots, passe brièvement par l’armée, puis s’intéresse au jeu d’acteur… plus par instinct que par vocation.

Ce n’est pas la méthode Stanislavski qui l’anime, mais la pure présence, le corps, la voix, la tension. Il commence par apparaître dans des séries télévisées britanniques, puis se fait remarquer par la Hammer Film Productions, célèbre pour ses films d’horreur gothiques.

Il y incarne notamment le loup-garou dans The Curse of the Werewolf (1961). Déjà, son physique hors norme et son intensité dominent l’image.

Ken Russell, la rencontre créative explosive

C’est au tournant des années 60–70 que Oliver Reed s’impose vraiment, grâce à une collaboration durable avec Ken Russell, cinéaste iconoclaste et baroque. Ensemble, ils tournent des films flamboyants, dérangeants, souvent controversés, comme Women in Love (1969), The Devils (1971) ou encore Tommy (1975).

Dans Women in Love, il partage avec Alan Bates l’une des scènes les plus célèbres du cinéma britannique, une lutte amicale (et nue) au coin du feu, symbole d’une masculinité sensuelle et conflictuelle. Scène mythique, et moment-clé dans l’évolution des représentations du corps masculin à l’écran.

Avec Ken Russell, Oliver Reed peut laisser exploser toute sa physicalité, sa rage contenue et son goût pour les limites franchies, dans un style qui mêle excès visuel et performances extrêmes.

Un acteur viril… jusqu’à la caricature

À une époque où le cinéma britannique se cherche de nouveaux visages masculins, Oliver Reed s’impose comme l’anti-Laurence Olivier. Pas de diction noble, pas de subtilité élégante : Reed, c’est la mâchoire serrée, le poing prêt à partir, le regard qui défie.

Il tourne avec Michael Winner (Hannibal Brooks, The Jokers), Richard Lester (The Three Musketeers, The Four Musketeers) et apparaît dans une centaine de films, souvent dans des rôles d’hommes en tension : soldats, marginaux, brutes, chefs de bande, figures tragiques.

Mais derrière cette image de dur à cuire, se cache une capacité réelle à incarner la solitude, le désespoir, la colère rentrée. Il n’a jamais vraiment été un acteur "grand public", mais ceux qui ont travaillé avec lui parlent d’un homme imprévisible, parfois incontrôlable, mais toujours habité.

Les excès, la légende… et le cinéma qui s’éloigne

Difficile de parler de Oliver Reed sans évoquer sa relation chaotique avec l’alcool. Il devient au fil du temps aussi célèbre pour ses beuveries que pour ses rôles. Ses apparitions dans les talk-shows sont parfois surréalistes, mêlant provocation, humour grinçant et alcoolémie trop visible.

Cette réputation lui vaut d’être écarté de certains projets, ou d’être cantonné à des rôles de second plan. À Hollywood, il est perçu comme ingérable. Et en Angleterre, il incarne une forme d’acteur à l’ancienne, de plus en plus en décalage avec une industrie qui se modernise.

Il continue néanmoins à tourner régulièrement dans les années 80 et 90, alternant films de genre, séries B et productions plus ambitieuses. Et c’est finalement un rôle posthume qui viendra boucler sa trajectoire sur une note grandiose.

Gladiator : un dernier souffle romain

Oliver Reed meurt en 1999, d’une crise cardiaque, en pleine pause d’un tournage à Malte. Il était alors en train de jouer Proximo, ancien gladiateur devenu entraîneur d’esclaves dans Gladiator de Ridley Scott.

Sa performance, mêlant brutalité, tendresse et mélancolie, est l’une des plus marquantes du film, au point que l’équipe décide de maintenir son personnage dans le montage final, en recourant à des effets numériques alors innovants.

Il y campe, pour la dernière fois, un homme à la fois fort et brisé, à l’image de sa propre carrière : tumultueuse, fière, et pleine d’ombres.

Un acteur hors normes, devenu mythe malgré lui

Oliver Reed, c’est la bête imprévisible du cinéma britannique, celle qu’on admire autant qu’on redoute. Il n’a jamais cherché à être aimé, ni même compris. Il a joué comme il a vécu : en bloc, sans recul, sans stratégie.

Mais dans ce chaos, il a laissé une trace puissante, une empreinte rugueuse que peu d’acteurs ont égalée. Une carrière désordonnée, oui. Mais parsemée de rôles inoubliables, et d’une présence qui, aujourd’hui encore, fait frémir l’écran.

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