Meryl Streep

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Détails

Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 19 films
Récompenses 38 nominations et 7 victoires

Biographie

Mary Louise Streep, connue mondialement sous le nom de Meryl Streep, est née le 22 juin 1949 à Summit, dans le New Jersey (États-Unis). De nationalité américaine, elle est souvent présentée comme la “grande dame” du cinéma hollywoodien, mais ce titre, un brin solennel, ne rend pas tout à fait justice à sa carrière, ni à sa versatilité. Depuis les années 1970, Meryl Streep traverse les époques, les genres et les styles avec une constance rare, une rigueur presque académique… et une capacité d’adaptation qui frôle parfois l’impertinence artistique.

Une formation classique pour une trajectoire hors norme

Meryl Streep n’est pas une actrice autodidacte. Elle a étudié l'art dramatique à la Yale School of Drama, après avoir obtenu un diplôme en arts du spectacle au Vassar College. Dès le début, elle affiche une forme d’exigence méthodique : diction irréprochable, travail poussé sur l’accent, analyse de texte rigoureuse. On est loin des improvisations hasardeuses, ici tout est pesé, réfléchi, parfois jusqu’à la note de respiration.

Son approche du jeu est profondément ancrée dans le théâtre classique, ce qui transparaît dans ses premières apparitions, notamment sur les planches de Broadway, avant qu’elle ne fasse ses débuts à l’écran dans Julia (1977). L’année suivante, elle s’impose avec force dans The Deer Hunter, qui lui vaut sa première nomination aux Oscars. Ce ne sera pas la dernière.

Un palmarès sans équivalent dans l’histoire du cinéma

Si on devait mesurer la carrière de Meryl Streep en récompenses, il faudrait un rayon entier. Elle a été nommée aux Oscars à 21 reprises (oui, 21), et en a remporté trois : pour Kramer vs. Kramer (1980), Le Choix de Sophie (1983) et La Dame de fer (2012). À cela s’ajoutent huit Golden Globes, deux BAFTAs, des Prix du Festival de Cannes, un Ours d’or d’honneur, et un César d’honneur… en bref, elle coche toutes les cases.

Mais au-delà des trophées, ce qui frappe, c’est la diversité des rôles. Elle passe d’un drame historique à une comédie musicale, d’un film indépendant à une superproduction hollywoodienne, sans jamais donner l’impression de redite. Elle peut être Margaret Thatcher, une cuisinière obsessionnelle, une mère de famille angoissée, une chanteuse ratée ou une rédactrice en chef tyrannique… et à chaque fois, elle semble être le personnage, plutôt que le jouer.

Une virtuosité caméléon qui reste organique

Ce qui distingue Meryl Streep de beaucoup d’autres comédiens réputés “techniques”, c’est qu’elle n’en oublie jamais le cœur. Elle peut maîtriser un accent à la perfection ou reproduire les tics d’un personnage public sans en faire une imitation. Il y a toujours chez elle une humanité sous-jacente, une émotion contenue qui affleure sans jamais forcer.

Dans Le Choix de Sophie, son interprétation d’une survivante de l’Holocauste est à la fois subtile et bouleversante. Dans The Devil Wears Prada, elle incarne une figure autoritaire sans tomber dans la caricature. Et dans Mamma Mia!, elle s’autorise la légèreté tout en gardant ce petit supplément d’âme qui empêche toute superficialité.

Elle semble capable de tout incarner, y compris la contradiction.

Une actrice respectée, mais jamais figée

Meryl Streep aurait pu, dès les années 1990, s’installer dans un statut de légende vivante et ne plus jamais prendre de risques. Mais ce n’est pas son style. Elle continue de collaborer avec de jeunes réalisateurs, accepte des seconds rôles dans des films collectifs (The Post, Don’t Look Up), et même des rôles comiques dans des projets plus légers, comme Let Them All Talk ou Only Murders in the Building.

Elle semble toujours chercher, même après des décennies de carrière. Elle ne s’impose pas, elle propose. Elle ne s’autocélèbre jamais, mais elle travaille. Encore et encore.

Et c’est peut-être là sa plus grande force : ne jamais se contenter de son propre mythe.

Un modèle d’élégance et de discrétion

Dans un monde où l’on surmédiatise les moindres faits et gestes des célébrités, Meryl Streep reste d’une discrétion presque ancienne. Pas de scandales, pas d’excès, pas d’esbroufe. Elle apparaît quand elle a quelque chose à défendre, disparaît ensuite sans bruit. Elle s’engage ponctuellement sur des sujets politiques, défend la culture, la condition des femmes, ou la liberté de la presse, toujours avec mesure, sans slogans ni effets.

Elle incarne une certaine idée du métier d’acteur : rigoureux, exigeant, au service du texte et de l’histoire. Une forme d’éthique professionnelle qui semble de plus en plus rare, et qu’elle perpétue sans jamais donner de leçons.

Meryl Streep, ou la constance en mouvement

Finalement, ce qui rend la carrière de Meryl Streep si unique, ce n’est pas seulement sa longévité, ni même son palmarès. C’est sa capacité à se renouveler sans jamais trahir son style. À rester fidèle à une certaine gravité du jeu, tout en explorant des territoires très différents.

Elle ne joue pas pour impressionner. Elle joue pour comprendre. Pour révéler. Pour partager. Et le public le ressent. Difficile de rester insensible à une performance de Meryl Streep, même dans un film moyen. Elle élève le texte, les partenaires, et parfois même le spectateur.

Une icône ? Oui. Mais avant tout, une artisane du jeu.

Filmographie

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