Matthew Vaughn

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 13 films
Récompenses 4 nominations et 0 victoire

Biographie

Matthew Vaughn, né le 7 mars 1971 à Londres, au Royaume-Uni, est un réalisateur, scénariste et producteur britannique connu pour son style visuel flamboyant, son humour décalé et sa capacité à revisiter les codes du film d’action avec un mélange unique de sophistication et de brutalité stylisée.

Avec un goût certain pour les costumes bien taillés, les séquences chorégraphiées à la perfection et les univers légèrement irrévérencieux, Matthew Vaughn s’est imposé comme une signature reconnaissable, quelque part entre le James Bond old school, la BD pop, et le clip bien produit.

Il n’a pas la réputation d’un auteur engagé ou d’un cinéaste introspectif, mais il n’en reste pas moins un artisan redoutablement efficace, qui sait divertir sans sombrer dans la facilité. Et sous ses airs de dandy britannique, il cache une véritable obsession du contrôle sur ses projets.

De la production à la mise en scène : un parcours stratégique

Avant de passer derrière la caméra, Matthew Vaughn fait ses armes comme producteur, un métier qu’il exerce avec flair. Il produit notamment Lock, Stock and Two Smoking Barrels (1998), le premier film de Guy Ritchie, qui impose un nouveau style dans le cinéma britannique : nerveux, drôle, un brin absurde, très stylisé. Le duo récidive avec Snatch et Swept Away, même si ce dernier ne laissera pas un souvenir impérissable (merci Madonna ?).

Ce n’est qu’en 2004 qu’il passe à la réalisation avec Layer Cake, un polar élégant avec un certain Daniel Craig dans le rôle principal. Ironie du sort, c’est cette performance qui convaincra les producteurs de Bond de lui offrir le rôle. Quant à Matthew Vaughn, il démontre dès ce premier film une capacité à manier la tension et l’esthétique avec assurance, tout en injectant une touche de sarcasme très british.

Un coup d’essai transformé en carte de visite.

Kick-Ass, X-Men et les super-héros à sa sauce

En 2010, il adapte le comics Kick-Ass de Mark Millar, avec qui il va entretenir une collaboration fructueuse. Le film, à la fois satire, pastiche et vrai film de super-héros, surprend par son ton irrévérencieux, sa violence stylisée et son regard désenchanté sur le mythe du héros. Une scène suffit à résumer le style Vaughn : Hit-Girl (incarnée par Chloë Grace Moretz), 11 ans, découpe des mafieux en silence sur Banana Split des Dickies. Voilà. C’est pop, c’est choquant, c’est drôle. C’est Vaughn.

En 2011, il est appelé à la rescousse de la franchise X-Men, alors en perte de vitesse. Il coécrit et réalise X-Men: First Class, un prequel centré sur les jeunes Magneto et Charles Xavier. Le résultat : un succès critique et commercial, avec une vraie touche de fraîcheur rétro, une mise en scène fluide, et un bon équilibre entre action spectaculaire et enjeux émotionnels. Il redonne un souffle nouveau à une saga qui en avait bien besoin, même s’il ne réalisera pas les volets suivants.

Kingsman : l’agent secret revu en costume trois-pièces

En 2014, Matthew Vaughn signe ce qui devient rapidement sa franchise emblématique : Kingsman: The Secret Service, inspiré d’un autre comics de Mark Millar. C’est un cocktail explosif : espionnage à l’ancienne, technologie futuriste, méchants grotesques, ultra-violence chorégraphiée, et second degré permanent.

Colin Firth, impeccable en gentleman tueur, y côtoie Taron Egerton, révélation du film, dans un univers où les costards sont aussi importants que les gadgets. Vaughn y impose une grammaire visuelle extrêmement travaillée, où chaque combat devient une scène quasi dansée, au rythme de musiques inattendues.

Le succès est tel qu’il enchaîne avec Kingsman: The Golden Circle (2017), puis The King's Man (2021), un prequel sur fond de Première Guerre mondiale. Si tous les volets ne font pas l’unanimité critique, ils confirment que Matthew Vaughn aime créer ses propres règles, quitte à parfois frôler la caricature.

Un réalisateur qui fait ce qu’il veut, comme il veut

Ce qui distingue Matthew Vaughn, au-delà de son style reconnaissable, c’est son indépendance. Il produit ses films avec sa société Marv Films, ce qui lui permet de garder un contrôle quasi total sur ses projets. Il écrit, produit, réalise — parfois les trois à la fois — ce qui n’est pas sans rappeler un certain modèle à la britannique… mais avec un penchant assumé pour le divertissement décomplexé.

Il n’essaie pas de faire du cinéma « sérieux » ou social. Ce qu’il veut, c’est du rythme, du fun, du style, et une pincée de satire bien placée. Et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde : il ne fait pas des films pour être consensuel.

Cela ne veut pas dire qu’il se repose sur ses lauriers. À travers sa filmographie, il y a une vraie recherche de renouvellement esthétique, une volonté de repousser les limites du genre, tout en gardant une cohérence de ton : le spectaculaire, oui, mais sans jamais se prendre totalement au sérieux.

Une œuvre pop, cohérente et toujours en mouvement

Matthew Vaughn n’a pas la reconnaissance académique d’un auteur, mais il a gagné quelque chose de plus rare : la fidélité du public. Ses films sont identifiables en quelques plans, ses scènes d’action ont souvent été copiées, rarement égalées, et son humour pince-sans-rire donne à ses univers une fraîcheur souvent absente dans les grosses productions actuelles.

Il est à la fois en marge et au centre, avec une œuvre qui a su imposer son propre ton, ni totalement cynique, ni totalement naïve. Une sorte de grand écart permanent entre l’hommage et la parodie.

Alors oui, avec ses espions en cravate, ses ados armés jusqu’aux dents et ses méchants façon cartoon, Matthew Vaughn a trouvé une place bien à lui dans le cinéma moderne. Et clairement, il ne compte pas la lâcher de sitôt.

Filmographie

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