Matt Dillon
- Casting
Détails
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Matthew Raymond Dillon, dit Matt Dillon, est né le 18 février 1964 à New Rochelle, dans l’État de New York (États-Unis).
Révélé très jeune comme l’un des “bad boys” les plus marquants du cinéma américain des années 80, il a su évoluer, avec le temps, vers des rôles plus profonds, plus sombres, plus exigeants.
Entre icône adolescente, acteur dramatique et cinéaste indépendant, Matt Dillon incarne une carrière discrète mais remarquablement cohérente, fondée sur la fidélité à un certain cinéma… et à lui-même.
Le jeune premier à la moue légendaire
Matt Dillon est repéré à l’âge de 14 ans dans un couloir de collège, par un directeur de casting en repérage. Un conte de fée moderne — version New York banlieue. Il fait ses débuts dans Over the Edge (1979), un drame sur les ados laissés-pour-compte. Très vite, il devient le visage du teen movie social, enchaînant My Bodyguard, Little Darlings, puis surtout les adaptations de S.E. Hinton comme The Outsiders et Rumble Fish, toutes deux réalisées par Francis Ford Coppola.
Ces films, où il incarne souvent des jeunes hommes abîmés par la vie, posent son image : regard ténébreux, mâchoire serrée, cœur vulnérable sous une carapace de dur. Une sorte de James Dean version années 80, sans les excès, mais avec la même rage rentrée.
L’acteur qui refuse de se laisser enfermer
À la différence de nombreux acteurs révélés trop jeunes, Matt Dillon ne cherche pas à capitaliser sur sa popularité à tout prix. Il prend son temps, choisit ses rôles avec soin, et se construit une filmographie où les échecs ne manquent pas, mais où les choix ont du sens.
Dans les années 90, il alterne comédie romantique (Singles, In & Out), polars (To Die For, City of Ghosts), et films de genre parfois décalés (Wild Things, où son personnage navigue entre manipulateur et victime dans un thriller torride un peu fou).
Il ne cherche pas la lumière permanente, ni à maintenir une image lisse. Il semble même à l’aise dans l’ombre, la marginalité ou les rôles à contre-emploi, et c’est ce qui rend sa trajectoire d’autant plus intéressante.
La reconnaissance critique avec Crash
En 2004, Matt Dillon revient au premier plan grâce à Crash, film choral réalisé par Paul Haggis, centré sur les tensions raciales et sociales à Los Angeles. Il y incarne un policier raciste et tourmenté, dont les actes sont à la fois révoltants et complexes. Sa performance lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle, et le film, malgré les controverses, remporte l’Oscar du meilleur film.
Avec ce rôle, il confirme ce que ses admirateurs savaient déjà : Matt Dillon est bien plus qu’un ex-beau gosse, c’est un comédien capable de faire surgir des failles profondes, sans surjeu ni pathos.
Une parenthèse en tant que réalisateur
En 2002, il passe derrière la caméra avec City of Ghosts, un thriller atmosphérique tourné au Cambodge, qu’il co-écrit et interprète. Le film, discret, marque sa volonté de créer un cinéma personnel, introspectif, loin des circuits habituels. Il y démontre un sens du cadre, une patience narrative, et un vrai goût pour les ambiances moites et ambiguës.
S’il ne poursuit pas une carrière prolifique de cinéaste, cette incursion suffit à montrer que Dillon pense cinéma au-delà de l’interprétation, et qu’il reste attaché à une certaine forme d’indépendance artistique.
Provocateur dans The House That Jack Built
En 2018, il choque et fascine dans The House That Jack Built, réalisé par Lars von Trier. Il y joue un tueur en série méticuleux et narcissique, dans un film dérangeant, philosophique, excessif — et typiquement von Trierien. Là encore, il s’engage pleinement dans un rôle risqué, sans souci de confort ou de séduction. Sa prestation est glaciale, troublante, étonnamment contrôlée. Et elle rappelle qu’il est prêt à aller là où les autres ne vont pas.
Un acteur fidèle à lui-même, pas à la mode
Aujourd’hui, Matt Dillon ne fait pas la une des tabloïds. Il n’a jamais vraiment cherché à devenir une “star” au sens hollywoodien du terme. Il tourne régulièrement, choisit ses projets au fil de ses envies, parfois en Europe, parfois en indépendant, parfois dans des rôles de soutien. Il a cette capacité rare à disparaître dans ses personnages sans jamais effacer sa présence.
Matt Dillon, c’est un acteur qui a traversé les décennies sans plan de carrière flamboyant, mais avec une constance dans l’intégrité, un goût pour les personnages abîmés, et une vraie sensibilité cachée sous une gueule de cinéma. Une figure à part, à la fois proche et insaisissable, dont les choix révèlent une chose : le besoin de jouer juste, plus que de briller fort.