Marlon Brando

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 6 films
Récompenses 13 nominations et 5 victoires

Biographie

Marlon Brando Jr. est né le 3 avril 1924 à Omaha, dans le Nebraska, aux États-Unis, et s’est éteint le 1er juillet 2004 à Los Angeles, en Californie. Son nom est devenu, au fil des décennies, synonyme de révolution cinématographique, de jeu viscéral et de charisme brut. Avec son regard magnétique, sa diction singulière et sa présence animale, Marlon Brando a réinventé l’acteur américain, imposant un style nouveau, intense, et profondément humain. Une figure autant admirée que redoutée, dont l’ombre plane encore sur tout ce que Hollywood produit de sérieux.

Un héritage théâtral et une formation novatrice

Issu d’une famille marquée par les tensions (une mère artiste et alcoolique, un père autoritaire), Marlon Brando trouve très tôt dans le théâtre un moyen d’expression. Il étudie à la célèbre Actors Studio à New York sous la direction de Stella Adler, l’une des grandes figures de la méthode Stanislavski adaptée aux États-Unis. Ce style de jeu — connu sous le nom de Method Acting — deviendra la marque de fabrique de Brando : un mélange de spontanéité, de tension intérieure et d’authenticité radicale.

Il fait ses premières armes sur les planches de Broadway dans les années 1940, notamment dans A Streetcar Named Desire (Un tramway nommé désir) de Tennessee Williams. Le rôle de Stanley Kowalski, brutal et magnétique, devient emblématique. Il l’interprète également à l’écran dans le film d’Elia Kazan sorti en 1951, et sa performance électrise le public comme la critique. Rien ne sera plus jamais comme avant dans le cinéma américain.

Les années 50 : une décennie de rôles cultes

Dans les années 1950, Marlon Brando enchaîne les rôles marquants : Viva Zapata! (1952), Julius Caesar (1953), On the Waterfront (1954), qui lui vaut son premier Oscar du meilleur acteur, et The Wild One (1953), dans lequel il incarne le motard rebelle Johnny. Ce film devient une référence culturelle majeure, et la silhouette de Brando en blouson noir et casquette entre dans l’imaginaire collectif.

À cette époque, il n’est pas simplement un acteur talentueux. Il est un symbole de modernité, de rupture avec l’ancienne école hollywoodienne. Son jeu, parfois considéré comme désinvolte, est en réalité d’une précision redoutable. Il ressent ses rôles plus qu’il ne les joue. Chaque geste semble surgir d’une impulsion réelle, pas d’un script.

Une carrière marquée par le génie... et l’auto-sabotage

Dans les années 1960, la carrière de Marlon Brando connaît des hauts et des bas. Il alterne films ambitieux et projets ratés, s’oppose aux studios, et se forge une réputation d’acteur difficile, parfois ingérable sur les plateaux. Il réalise One-Eyed Jacks (1961), western atypique, puis enchaîne les tournages où sa légende grandit autant que sa réputation de diva.

Mais c’est au début des années 1970 qu’il opère un retour fracassant. En 1972, il incarne Vito Corleone dans The Godfather (Le Parrain) de Francis Ford Coppola. Sa performance, tout en retenue, en gestes symboliques et en voix éraillée, lui vaut son deuxième Oscar. Il refuse cependant de le recevoir, envoyant à sa place une activiste amérindienne pour dénoncer le traitement des peuples autochtones par Hollywood et le gouvernement américain. Un geste choc, typiquement Brando.

La même année, il choque à nouveau dans Last Tango in Paris de Bernardo Bertolucci, rôle ultra-controversé qui mêle douleur intime et sexualité brute. Il ne cherche pas à plaire : il cherche à dire quelque chose, quitte à provoquer.

Marlon Brando, l’acteur devenu icône

Jusqu’à la fin des années 90, Marlon Brando continue de tourner, parfois pour des raisons financières, parfois pour le plaisir. Il apparaît dans Apocalypse Now (1979), The Freshman (1990), Don Juan DeMarco (1994), ou encore The Score (2001), aux côtés de Robert De Niro et Edward Norton. Même dans les rôles secondaires, sa présence capte l’attention, presque malgré lui.

Il devient également une figure d’autorité pour toute une génération d’acteurs, de De Niro à Pacino, en passant par Sean Penn ou Johnny Depp. Tous revendiquent son influence, son intensité, sa manière de faire tomber les murs entre soi et le personnage.

Vie privée, combats et contradictions

Homme aussi engagé que controversé, Marlon Brando milite pour les droits civiques, dénonce les injustices sociales et soutient activement la cause amérindienne. Mais sa vie privée est marquée par le chaos : relations tendues, drames familiaux, isolement croissant. Il a plusieurs enfants, dont certains deviendront eux aussi acteurs ou figures médiatiques, souvent dans l’ombre douloureuse du géant paternel.

Brando s’installe sur son île privée de Tetiaroa, en Polynésie française, loin de l’agitation hollywoodienne. Il s’y réfugie autant qu’il s’y exile. Son rapport au monde est ambivalent : il déteste le système, mais aime profondément le cinéma.

Marlon Brando, c’est bien plus qu’un acteur : c’est une révolution incarnée. Il a bouleversé la manière de jouer, la manière de filmer, et la manière de penser le rôle de l’artiste. À la fois tragédien moderne, icône rebelle et figure insaisissable, il incarne la puissance brute du jeu d’acteur comme peu l’ont fait avant – ou depuis.

Son empreinte est partout, même là où son nom n’est pas cité. Car une chose est sûre : le cinéma ne sera plus jamais le même après Marlon Brando.

Filmographie

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