Mario Puzo
- Écriture
Détails
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Biographie
Mario Puzo, né le 15 octobre 1920 à Hell’s Kitchen, un quartier ouvrier de New York, est un écrivain et scénariste américain d’origine italienne, connu dans le monde entier comme le créateur de The Godfather (Le Parrain). Décédé le 2 juillet 1999 à Bay Shore, dans l’État de New York, Mario Puzo a laissé une empreinte profonde dans la culture populaire et dans l’histoire de la narration cinématographique. Pourtant, derrière ce nom devenu presque mythique, se cache un écrivain qui a longtemps galéré avant de rencontrer le succès.
Origines modestes et premières lettres
Issu d’une famille napolitaine immigrée aux États-Unis, Mario Puzo grandit dans la pauvreté, entouré de figures marquées par l’exil, le travail dur et la solidarité de quartier. Son père, malade et interné, laisse sa mère seule pour élever leurs sept enfants. Cette enfance rude, dans un quartier alors dominé par les gangs et les loyautés de rue, alimente dès le départ son regard sur la complexité morale du crime organisé.
Il étudie la littérature à l’Université de Columbia puis sert dans l’armée de l’air américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, en poste en Allemagne. C’est à son retour qu’il commence à écrire sérieusement, tout en travaillant pour des revues et des maisons d’édition. Son premier roman, The Dark Arena, paraît en 1955, mais passe largement inaperçu. Il persiste, avec The Fortunate Pilgrim (1965), un roman salué pour son authenticité, où il dresse un portrait tendre et dur à la fois d’une famille d’immigrés italiens. Malgré sa qualité littéraire, le livre ne se vend pas. Mario Puzo est endetté, père de famille, et commence à comprendre que le succès passera peut-être par un autre biais.
The Godfather, ou comment écrire pour payer les factures
L’histoire est connue, presque autant que le livre lui-même. En écrivant The Godfather en 1969, Mario Puzo ne cherche pas à faire de la grande littérature. Il veut un best-seller, un livre qui se vend. Il le dit lui-même, sans détour ni fausse modestie. Résultat : il s’inspire de tout ce qu’il connaît, l’Italie, la mafia, la loyauté, la famille, la violence, et de tout ce qu’il imagine, les coulisses du pouvoir, la psychologie des parrains, le charme ténébreux des criminels.
Le roman devient un succès fulgurant, reste des mois en tête des ventes, et attire immédiatement l’attention d’Hollywood. Les droits sont achetés par la Paramount, et Mario Puzo est engagé pour en écrire l’adaptation. Il n’avait jamais travaillé pour le cinéma, mais s’impose rapidement comme un scénariste précieux, capable de transformer des dialogues littéraires en répliques inoubliables.
Le reste, c’est de l’histoire du cinéma. Sous la direction de Francis Ford Coppola, The Godfather (1972) devient un chef-d'œuvre. Mario Puzo coécrit le scénario et reçoit un Oscar, tout comme pour The Godfather Part II (1974). Son style, direct, lyrique mais sans fioritures, devient une référence.
Le style Puzo : entre drame humain et saga criminelle
Mario Puzo a souvent été perçu comme un écrivain commercial, mais c’est surtout un grand raconteur d’histoires. Son style mêle réalisme cru et mythe romantique, ce qui donne à ses récits une dimension presque shakespearienne. Derrière les armes et les trahisons, il parle de filiation, d’honneur, de chute, de pouvoir, de regret.
Après The Godfather, il continue d’explorer ces thématiques avec The Sicilian (1984), Omerta (publié à titre posthume en 2000), ou The Last Don (1996), qui sera lui aussi adapté pour la télévision. Il s’essaie même à d’autres genres, avec un intérêt particulier pour les figures historiques ou légendaires du pouvoir, comme dans The Family, un roman inachevé centré sur la famille Borgia, publié après sa mort.
Une figure incontournable d’Hollywood
Au-delà de ses romans, Mario Puzo devient un nom respecté dans l’industrie du cinéma. Il coécrit également les deux premiers Superman (1978 et 1980), preuve que son talent pour la narration dépasse les frontières du polar mafieux. Il n’aimait pas nécessairement les super-héros, mais il savait ce qu’attendait le public : une histoire forte, des dilemmes clairs, des personnages inoubliables.
Peu intéressé par les mondanités, Mario Puzo reste toute sa vie un homme discret, voire secret. Il n’a jamais cherché à occuper l’espace médiatique. Il écrivait, tout simplement, et laissait son œuvre parler pour lui.
Héritage d’un conteur populaire
Aujourd’hui encore, le nom de Mario Puzo est indissociable de The Godfather, devenu un pilier de la culture populaire mondiale. Ce roman, et ses adaptations, ont redéfini l’image de la mafia au cinéma, mais aussi dans l’imaginaire collectif. Des générations entières continuent de découvrir ses personnages, de citer ses dialogues, de s’interroger sur les frontières entre loyauté, devoir et violence.
Et même si Mario Puzo a souvent été relégué au rang d’écrivain commercial, il est peut-être plus juste de le voir comme un romancier populaire dans le meilleur sens du terme : quelqu’un qui savait captiver, émouvoir, raconter les drames humains à travers des figures plus grandes que nature.
L’homme qui écrivit Le Parrain pour rembourser ses dettes est devenu, ironiquement, l’un des écrivains les plus immortels de la littérature américaine contemporaine. Une offre que l’histoire n’a pas pu refuser.