Margot Kidder

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Biographie

Margot Kidder, de son nom complet Margaret Ruth Kidder, est née le 17 octobre 1948 à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, Canada, et est décédée le 13 mai 2018 à Livingston, Montana, États-Unis. Actrice au tempérament bouillonnant, à l’humour mordant et à la sensibilité à fleur de peau, Margot Kidder reste surtout connue pour avoir incarné Lois Lane dans la saga Superman des années 70 et 80, aux côtés de Christopher Reeve. Mais derrière ce rôle iconique se cache une carrière plus large, marquée par des choix audacieux, des engagements politiques forts, et un combat personnel contre la maladie mentale.

Une carrière débutée loin des projecteurs de Los Angeles

Formée au Canada, Margot Kidder commence sa carrière d’actrice dans des productions locales et des séries télévisées dès la fin des années 60. Elle se fait rapidement remarquer pour son énergie, sa beauté singulière et ce petit quelque chose d’imprévisible qui transparaît dans chacune de ses apparitions. Elle s’installe ensuite à Los Angeles, bien décidée à se faire une place à Hollywood, mais à sa manière.

Dans les années 70, elle enchaîne les rôles dans des films indépendants ou à petit budget, qui témoignent de son attrait pour les histoires atypiques. Elle joue notamment dans Quackser Fortune Has a Cousin in the Bronx (1970) avec Gene Wilder, et dans Sisters (1972), thriller psychologique signé Brian De Palma, où elle campe des jumelles dans une performance aussi dérangeante que captivante.

Superman, la reconnaissance mondiale... et une cage dorée

C’est en 1978 que Margot Kidder accède à la célébrité mondiale en devenant Lois Lane, la journaliste pugnace et malicieuse du Daily Planet, dans le Superman de Richard Donner. Son interprétation tranche radicalement avec les clichés de la demoiselle en détresse : sa Lois Lane est vive, ironique, parfois maladroite mais jamais soumise, et elle n’a pas peur de voler la vedette à Superman lui-même.

La chimie évidente entre Margot Kidder et Christopher Reeve participe grandement au succès du film, et leur duo devient emblématique. Elle reprendra le rôle dans les trois suites, même si sa présence diminue nettement dans le troisième opus, et encore plus dans le quatrième, pour des raisons à la fois créatives et contractuelles.

Le succès de Superman la propulse sur le devant de la scène, mais lui colle aussi une étiquette difficile à décoller. Si elle continue de tourner, notamment dans des thrillers et des drames (The Amityville Horror, en 1979, reste un autre de ses succès notables), elle lutte pour éviter la case "actrice de blockbuster", elle qui a toujours préféré les projets plus risqués, plus sombres, plus humains.

Une personnalité engagée, entre militantisme et turbulences

En dehors des plateaux, Margot Kidder est connue pour son franc-parler et ses engagements. Très critique vis-à-vis de la politique américaine, elle milite activement pour des causes écologistes, féministes et anti-guerre. Dans un milieu souvent frileux face à la politisation des artistes, elle assume ses prises de position, quitte à se mettre à dos certains studios.

Mais derrière cette énergie militante se cache aussi une fragilité que Margot Kidder n’a jamais vraiment cherché à cacher. Elle souffre de troubles bipolaires, diagnostiqués après plusieurs épisodes publics, dont un particulièrement médiatisé en 1996, lorsqu’elle est retrouvée errante dans un quartier de Los Angeles après avoir disparu pendant plusieurs jours. Loin de fuir l’attention, elle choisit de parler ouvertement de sa maladie mentale, devenant l’une des premières actrices connues à évoquer ce sujet tabou à l’époque.

Ce courage lui vaut l’admiration de nombreux fans et militants de la santé mentale. Elle transforme son expérience en force, en devenant une voix importante dans la lutte contre la stigmatisation des maladies psychiques.

Une fin de carrière plus discrète, mais toujours engagée

Dans les années 2000 et 2010, Margot Kidder continue d’apparaître dans des films indépendants, des séries télévisées et des téléfilms. Elle n’a plus la visibilité de ses années Superman, mais elle ne cherche pas non plus à la retrouver. Ce qui l’intéresse désormais, c’est de tourner avec des réalisateurs qui ont quelque chose à dire, dans des histoires qui résonnent avec ses valeurs.

Elle reçoit un Daytime Emmy Award en 2015 pour son rôle dans le téléfilm R.L. Stine’s The Haunting Hour, preuve que son talent n’a rien perdu de sa subtilité. Jusqu’à la fin, Margot Kidder est restée fidèle à elle-même : exigeante, passionnée, et intensément humaine.

Elle meurt en 2018 à l’âge de 69 ans. Sa mort est officiellement déclarée comme un suicide, ce qui jette une lumière tragique mais aussi lucide sur les combats qu’elle a menés toute sa vie.

Une icône complexe, loin des clichés hollywoodiens

Margot Kidder n’a jamais vraiment joué le jeu du star-system. Trop franche, trop insaisissable, trop engagée sans doute pour entrer dans les cases. Mais c’est précisément ce qui la rend inoubliable. Sa Lois Lane a marqué des générations, et son franc-parler hors écran a ouvert la voie à des discussions essentielles sur la santé mentale, le féminisme ou l’éthique dans l’industrie du cinéma.

Elle laisse derrière elle une carrière éclectique, une empreinte indélébile dans la pop culture, et une vie qui, malgré ses blessures, a toujours été menée avec un rare courage. Margot Kidder, ce n’était pas qu’un sourire aux côtés d’un homme en cape. C’était une voix. Un regard. Et une âme qui ne faisait aucun compromis.

Filmographie

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