Lee Grant
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 4 films |
| Récompenses | 4 nominations et 2 victoires |
Biographie
Lee Grant, née Lyova Haskell Rosenthal le 31 octobre 1925 à New York (États-Unis), est une actrice, réalisatrice et scénariste américaine dont la carrière traverse plusieurs décennies, avec un parcours à la fois brillant, chaotique et admirablement résilient. Révélée très tôt comme une étoile montante du théâtre et du cinéma, Lee Grant a vu sa trajectoire brutalement freinée par la chasse aux sorcières maccarthyste, avant de revenir en force dans les années 1960 et 1970, avec des rôles denses, puissants, et une liberté de ton rare à Hollywood.
Un début de carrière foudroyant, freiné net par la politique
Lee Grant débute sur les planches dès son adolescence, après avoir étudié à la High School of Music & Art, puis à l’Actors Studio et à la Neighborhood Playhouse, deux institutions mythiques de la formation théâtrale aux États-Unis. Elle se fait rapidement remarquer pour son jeu intense et nuancé, et enchaîne les rôles à Broadway.
En 1951, elle reçoit une nomination aux Oscars pour son rôle dans Detective Story de William Wyler. L’avenir semble tout tracé. Mais la même année, elle est inscrite sur la liste noire d’Hollywood, après avoir prononcé un discours lors des funérailles d’un acteur soupçonné de sympathies communistes. Sa carrière est alors suspendue pendant plus de dix ans.
Durant cette période, Lee Grant survit en travaillant principalement au théâtre et dans des petits rôles télévisés. Le cinéma, lui, lui est fermé. Elle devient un symbole involontaire de la répression politique, mais aussi un exemple de ténacité silencieuse. Elle ne renie pas ses convictions, refuse de dénoncer quiconque, et attend, avec patience.
Le retour à l’écran et la reconnaissance critique
Lorsque la liste noire commence à perdre de son emprise dans les années 1960, Lee Grant revient peu à peu dans la lumière. Elle obtient des rôles dans des séries télévisées, puis dans des films à succès, comme Valley of the Dolls, In the Heat of the Night, Shampoo ou Plaza Suite. Elle excelle dans les rôles de femmes complexes, souvent prises dans des dilemmes moraux ou sociaux.
En 1975, elle remporte l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans Shampoo de Hal Ashby. Une reconnaissance tardive, mais amplement méritée, qui vient consacrer son retour au premier plan. Cette période marque aussi une certaine liberté dans le choix de ses rôles : Lee Grant incarne aussi bien des femmes vulnérables que des figures de pouvoir ou des personnages ambigus.
Une deuxième vie en tant que réalisatrice engagée
À la fin des années 1970, Lee Grant passe derrière la caméra, avec une volonté claire : raconter des histoires que l’industrie néglige, souvent centrées sur les femmes, les personnes marginalisées ou les sujets sociaux tabous. Elle se fait remarquer pour ses documentaires poignants, qui témoignent d’une grande empathie et d’un sens aigu de l’observation.
En 1986, elle reçoit un Oscar du meilleur documentaire pour Down and Out in America, qui explore la précarité économique et l’effondrement du rêve américain à travers des histoires vraies. Ce film, sans effets de style superflus, donne la parole à des individus invisibles, avec une sensibilité qui prolonge, autrement, son engagement artistique.
Elle réalise également des documentaires sur les femmes en prison (When Women Kill), la chirurgie esthétique (The Willmar 8), ou encore la violence domestique (Battered). Ces œuvres, souvent produites pour la télévision, sont saluées pour leur regard sans condescendance et leur volonté de briser les silences.
Une présence discrète mais inoubliable
Au fil du temps, Lee Grant s’est imposée comme une figure à part dans le paysage hollywoodien. Ni star fabriquée ni militante bruyante, elle a incarné une forme de résistance élégante, à travers le choix des rôles comme par ses engagements personnels. Elle n’a jamais vraiment cherché la lumière, mais elle a toujours su s’y imposer par la force tranquille de son talent.
Son visage, reconnaissable entre mille, porte les marques d’une époque où les actrices n’étaient pas que des ornements de plateau, mais des porteuses d’histoires profondes. Même dans des seconds rôles, elle capte l’attention, non par le bruit, mais par la tension intérieure qu’elle insuffle à ses personnages.