Jonathan Hyde
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 7 films |
Biographie
Né le 21 mai 1948 à Brisbane, en Australie, Jonathan Stephen Geoffrey King, connu professionnellement sous le nom de Jonathan Hyde, est un acteur britannique d’origine australienne, naturalisé britannique après s’être installé au Royaume-Uni dans les années 1960. Avec sa diction impeccable, sa présence distinguée et son regard perçant, Jonathan Hyde s’est imposé comme l’un de ces visages familiers du grand écran que l’on retrouve régulièrement dans les superproductions historiques, les films d’aventure et les thrillers psychologiques, souvent dans des rôles d'autorité ou d'antagoniste à la classe inquiétante.
Il n’est peut-être pas une star au sens médiatique du terme, mais difficile d’oublier ses performances dans quelques films parmi les plus emblématiques des années 1990.
Un début de carrière classique, entre théâtre britannique et télévision
Formé à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), Jonathan Hyde débute sa carrière sur les planches, notamment au sein de la Royal Shakespeare Company, où il perfectionne un jeu sobre et précis, taillé pour les textes denses et les personnages ambigus. Il excelle dans les rôles d’aristocrates, de notables, de figures de pouvoir – bref, tous ceux qui savent dire « je suis très déçu » avec une gravité qui glace un peu le sang.
Il multiplie dans les années 1980 et 1990 les apparitions dans les séries et téléfilms britanniques, posant les bases d’une carrière cinématographique qui ne tardera pas à décoller. Sa capacité à incarner à la fois la rigueur et la duplicité fait de lui un choix naturel pour incarner des personnages secondaires mémorables — ceux qu’on déteste aimer ou qu’on aime détester.
Des rôles inoubliables au cinéma : Jumanji, Titanic, The Mummy
Jonathan Hyde atteint une renommée mondiale dans les années 1990 grâce à une série de films devenus cultes. En 1995, il incarne Samuel Parrish, le père autoritaire dans Jumanji, mais aussi Van Pelt, le chasseur implacable tout droit sorti du jeu. Un double rôle qui lui permet de montrer l’étendue de son jeu, entre autorité paternelle crispante et méchant de cartoon terrifiant — avec monocle, bien sûr.
En 1997, il joue J. Bruce Ismay, président de la White Star Line, dans Titanic de James Cameron. Son personnage, mêlant arrogance, peur et honte, représente la figure du dirigeant dépassé, accusé d’avoir abandonné le navire. Il compose un personnage nuancé, tiraillé entre responsabilité et instinct de survie — et qui, pour le meilleur ou pour le pire, reste gravé dans la mémoire collective.
Il enchaîne avec The Mummy (1999), où il incarne le docteur Allen Chamberlain, archéologue britannique pas tout à fait préparé à affronter une malédiction millénaire. Encore une fois, Jonathan Hyde prête ses traits à un personnage rigide, sceptique, vaguement supérieur — et rapidement dépassé par l’ampleur des événements.
Sur le petit écran : figures historiques, intrigues modernes et élégance constante
À la télévision, Jonathan Hyde continue de cultiver cette image d’homme de pouvoir, cultivé, mais rarement très chaleureux. Il apparaît dans Spooks, Ripper Street, The Queen, The Strain ou encore The Memoirs of Sherlock Holmes, toujours dans des rôles qui exigent maîtrise, froideur et un soupçon d’ironie britannique.
Dans The Strain (2014-2017), il joue le milliardaire Eldritch Palmer, homme d'affaires affaibli par la maladie et obsédé par la quête de l’immortalité, dans une série où vampires, pouvoir et science-fiction s’entrelacent. C’est peut-être l’un de ses rôles les plus sombres et les plus captivants à la télévision : une figure d’élite cynique et terriblement humaine dans ses faiblesses.
Un acteur de caractère, souvent dans l’ombre, mais toujours juste
Jonathan Hyde n’a jamais été un acteur en quête de projecteurs. Son parcours témoigne d’un goût pour les personnages complexes, parfois ingrats, souvent ambivalents, mais toujours riches en nuances. Il excelle dans ces rôles où l’autorité vacille, où la posture masque l’inquiétude, et où la distinction ne suffit plus à dissimuler la peur ou la culpabilité.
Souvent relégué aux marges du récit principal, il donne à chacun de ses personnages une densité qui dépasse largement le simple rôle de "méchant" ou de "bourgeois raide". Il joue avec la langue, les silences, les regards — un art tout britannique, où la maîtrise vaut plus que le drame.