Jonah Hill

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Détails

Autre nom Jonah Hill Feldstein
Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 17 films
Récompenses 3 nominations et 0 victoire

Biographie

Né le 20 décembre 1983 à Los Angeles (Californie, États-Unis), Jonah Hill Feldstein, connu professionnellement sous le nom de Jonah Hill, est un acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain dont la trajectoire est l’une des plus subtiles et intrigantes du cinéma contemporain. Longtemps considéré comme l’archétype du pote marrant, un peu loser, un peu excessif, il a su métamorphoser cette image pour devenir un acteur dramatique reconnu, puis un réalisateur sensible, pudique et très personnel. Avec lui, la transition de la comédie au drame ne s’est pas faite en force : elle s’est opérée en finesse, à travers une exploration de l’ego, de l’amitié, et d’un certain mal-être masculin contemporain.

Des débuts made in Apatow : potes, vannes, pizzas

Révélé dans la comédie générationnelle Superbad (2007), coécrite par Seth Rogen et produite par Judd Apatow, Jonah Hill y incarne Seth, un ado en surpoids, hyper bavard, obsédé par l’idée de perdre sa virginité, et profondément attaché à son meilleur ami. Ce rôle — à la fois vulgaire et touchant — devient instantanément culte et fixe temporairement son image publique : celle du garçon mal dans sa peau qui fait rire pour ne pas pleurer.

Il enchaîne alors les comédies à succès du clan Apatow : Knocked Up, Forgetting Sarah Marshall, Get Him to the Greek, 21 Jump Street et sa suite. Il est toujours le type drôle, imprévisible, jamais vraiment à sa place, mais peu à peu, il nuance ce personnage. Derrière les vannes, on commence à sentir une inquiétude, un regard critique sur lui-même, une volonté de ne pas être que le “funny guy”.

Et c’est là que Jonah Hill commence à surprendre.

Le virage dramatique : Moneyball, The Wolf of Wall Street

En 2011, il donne une performance tout en retenue dans Moneyball de Bennett Miller, aux côtés de Brad Pitt. Il y incarne Peter Brand, analyste timide de statistiques de baseball, dans un rôle sobre, intelligent et parfaitement mesuré. Le film est un succès critique, et Jonah Hill décroche sa première nomination à l’Oscar du meilleur second rôle.

En 2013, il récidive avec The Wolf of Wall Street de Martin Scorsese, où il joue Donnie Azoff, trader déjanté et dangereux acolyte de Leonardo DiCaprio. Le rôle est plus exubérant, mais d’une intensité inquiétante, presque répugnante, qui montre jusqu’où Jonah Hill est prêt à aller pour incarner la démesure humaine.

Il obtient une seconde nomination aux Oscars, et prouve définitivement qu’il peut exister au milieu des géants, dans des films sérieux, face à des monstres sacrés. Et le plus fort : il reste Jonah Hill, avec son physique, sa voix, son identité, sans chercher à devenir une autre personne.

Mid90s : un premier film personnel, doux et brut

En 2018, Jonah Hill passe derrière la caméra avec Mid90s, son premier long-métrage en tant que réalisateur et scénariste. Inspiré de son adolescence à Los Angeles, le film suit un garçon de 13 ans qui se trouve une famille de substitution dans un groupe de skateurs.

Filmé en 4:3, avec une esthétique granuleuse et une narration délicate, Mid90s est à la fois un hommage aux années 90 et une chronique de la masculinité en construction. Jonah Hill y évite toute nostalgie excessive pour offrir un regard tendre, parfois cruel, mais toujours honnête sur l’enfance, l’amitié, et les violences émotionnelles invisibles.

Ce premier film est salué pour sa sensibilité, son œil de cinéaste, et sa capacité à parler d’intimité sans artifice. Hill devient alors non seulement un acteur de caractère, mais un auteur à part entière.

Une image publique en transformation

Au fil des années, Jonah Hill transforme aussi son image médiatique, longtemps marquée par des commentaires sur son poids, son physique ou son rôle comique. Il parle ouvertement de ses troubles d’image corporelle, de son anxiété, de ses rapports complexes à la célébrité. Dans le documentaire Stutz (2022), qu’il réalise pour Netflix, il donne la parole à son propre thérapeute, dans un échange intime sur la santé mentale et le besoin de se libérer du regard des autres.

Le film est aussi une déclaration d’intention : Jonah Hill ne veut plus être défini par les étiquettes du passé, ni par les blagues, ni par les attentes du public. Il préfère créer des espaces où l’on peut parler de vulnérabilité, de reconstruction, de confiance en soi, sans honte ni masque.

Cette démarche, à la fois artistique et personnelle, est rare à Hollywood — surtout pour un homme, encore plus pour un ancien comique.

Toujours entre deux mondes, mais en contrôle

Aujourd’hui, Jonah Hill oscille volontairement entre rôles comiques (You People, Don’t Look Up) et projets plus personnels. Il continue à écrire, à produire, à choisir avec soin ses apparitions, et refuse les classifications faciles.

Il incarne une génération d’artistes qui ne veulent plus choisir entre divertissement et profondeur, qui n’ont pas peur de se montrer fragiles, et qui refusent qu’on les définisse par leurs débuts. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde — mais il cherche à être honnête, dans son art comme dans sa vie.

Jonah Hill, c’est le mec marrant qui a compris que le rire pouvait aussi servir à guérir, l’ex-comique devenu chroniqueur des émotions qu’on n’ose pas toujours dire. Il a connu le succès très jeune, la moquerie encore plus tôt, et a décidé que la meilleure réponse n’était pas de devenir un autre, mais de devenir lui-même, en mieux.

Aujourd’hui, il est acteur, réalisateur, auteur, homme vulnérable et artiste libre, et ça, c’est bien plus impressionnant que n’importe quelle vanne bien placée.

Filmographie

17 sur 17 films

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