John Andreas Andersen
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
John Andreas Andersen, né le 23 octobre 1971 à Flekkefjord, en Norvège, est un réalisateur, directeur de la photographie et scénariste norvégien qui s’est imposé dans un genre rarement exploré dans le cinéma scandinave : le film catastrophe. S’il reste relativement discret dans les médias, John Andreas Andersen est pourtant l’un des visages les plus marquants de cette nouvelle génération de cinéastes nordiques capables de conjuguer spectacle visuel, ancrage social et sobriété narrative. Et non, il ne filme pas que des fjords balayés par le vent (même s’il les filme très bien).
Des débuts dans l’image avant de passer à la réalisation
Avant de prendre les commandes derrière la caméra, John Andreas Andersen s’est illustré comme directeur de la photographie, un métier dans lequel il s’est fait un nom au sein du cinéma norvégien. Ce bagage technique n’est pas un simple passage de carrière, c’est le socle de son style : chaque plan qu’il construit, chaque séquence qu’il monte est visiblement pensé dans un équilibre très rigoureux entre tension dramatique et rendu visuel.
Cette expérience derrière l’objectif lui permet, une fois devenu réalisateur, de conserver une maîtrise visuelle particulièrement fluide. Le mouvement, la lumière, l’espace, autant d’éléments qu’il ne délègue pas à la va-vite. Chez John Andreas Andersen, la catastrophe est esthétique, mais jamais gratuite.
The Quake, The Burning Sea : du grand spectacle à la norvégienne
C’est avec The Quake (Skjelvet, 2018) que John Andreas Andersen accède à une reconnaissance plus large. Le film, suite spirituelle de The Wave (Bølgen, réalisé par Roar Uthaug), explore les conséquences d’un séisme sur Oslo. On pourrait s’attendre à une débauche d’effets spéciaux dans le style hollywoodien, mais non, John Andreas Andersen reste fidèle à une approche plus réaliste et humaine, où la catastrophe devient le cadre d’un drame familial ancré dans le quotidien. Le film ne crie pas, il gronde. Et c’est cette retenue qui fait son originalité.
Il récidive en 2021 avec The Burning Sea (Nordsjøen), centré cette fois sur une plateforme pétrolière norvégienne en crise. Même recette, même efficacité : un désastre potentiel, un environnement difficile, des personnages crédibles qui tentent de faire face. Mais là encore, John Andreas Andersen évite les archétypes faciles. Pas de héros invincible, pas de discours patriotiques enflammés, mais une tension continue, nourrie par une mise en scène précise et des enjeux contemporains, notamment écologiques. Le film, sans jamais faire la morale, interroge la dépendance de la Norvège à son industrie pétrolière, le tout sans relâcher le suspense.
Une signature entre tension dramatique et observation sociale
Ce qui rend le travail de John Andreas Andersen particulièrement intéressant, c’est qu’il s’inscrit dans un entre-deux cinématographique. D’un côté, il adopte les codes du cinéma de genre, avec ses périls imminents, ses effets de panique, ses décors en ruine. De l’autre, il reste profondément attaché à la vérité des personnages, à leur humanité ordinaire, à une approche presque documentaire de leurs réactions. Il le dit lui-même : il ne veut "pas d’idiots" dans ses films, mais des gens réalistes, intelligents, crédibles.
Ce positionnement lui permet de se distinguer dans un cinéma nordique souvent cantonné au thriller psychologique ou au drame social. John Andreas Andersen, lui, fait du cinéma d’action à hauteur d’homme, où le suspense ne vient pas d’un compte à rebours, mais de la façon dont les personnages vont faire face à l’inévitable.