Joachim Trier

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Détails

Âge
Nationalités
Filmographie 4 films
Récompenses 4 nominations et 1 victoire

Biographie

Joachim Trier, né le 1er mars 1974 à Copenhague, au Danemark, est un réalisateur et scénariste norvégien. S’il est né au Danemark, Joachim Trier a grandi à Oslo, et c’est bien dans le cinéma scandinave qu’il s’est imposé comme l’une des voix les plus subtiles et singulières de sa génération. Avec un cinéma à la fois intime, cérébral et émotionnel, il explore les trajectoires humaines avec une délicatesse qui refuse les excès dramatiques. En quelques films, Joachim Trier s’est imposé comme une figure incontournable du cinéma d’auteur européen, tout en conservant un ton résolument accessible.

Joachim Trier : un héritage artistique et un début remarqué

Issu d’une famille de cinéastes — son grand-père était le réalisateur Erik Løchen, figure expérimentale du cinéma norvégien — Joachim Trier grandit dans un environnement baigné d’images et de références artistiques. Il passe aussi par le skateboard, pratique qu’il filme très tôt avec un œil déjà cinématographique, et qui nourrit son goût pour le mouvement, les trajectoires, les glissements de l’image.

Formé à la National Film and Television School au Royaume-Uni, Joachim Trier se forge un style visuel précis, élégant mais sans ostentation. Son premier long-métrage, Reprise (2006), annonce déjà les thèmes qui reviendront dans toute son œuvre : la jeunesse, les choix, la fragilité mentale, la mémoire et le temps qui passe. Ce film sur deux écrivains en devenir, marqué par une narration fragmentée et une grande tendresse envers ses personnages, reçoit un excellent accueil critique.

Oslo, August 31st : confirmation d’une voix singulière

Avec Oslo, 31 août (2011), Joachim Trier signe un film plus resserré, plus introspectif, et sans doute l’un des plus puissants du cinéma scandinave contemporain. On y suit, sur une seule journée, un homme en cure de désintoxication qui erre dans Oslo, tentant de renouer avec son passé, ses amis, sa vie. Le film, porté par une mise en scène épurée et un acteur bouleversant (Anders Danielsen Lie, collaborateur fétiche de Trier), évite soigneusement tout pathos pour ne garder que l’essentiel : l’humain face à sa propre perte.

Joachim Trier filme la ville comme un personnage, et capte le temps qui s’écoule avec une attention quasi musicale. Ce deuxième long-métrage le positionne clairement comme une figure incontournable du cinéma nordique contemporain, capable de traiter de sujets lourds sans jamais alourdir son récit.

Thelma, une incursion surnaturelle tout en retenue

En 2017, avec Thelma, Joachim Trier surprend en abordant le fantastique, sans pour autant trahir son style. Ce récit d’émancipation féminine teinté de thriller surnaturel reste profondément ancré dans ses obsessions : le trouble intérieur, la famille, la mémoire, le refoulé. On y suit une jeune femme norvégienne découvrant ses pouvoirs psychiques au moment où elle se confronte à ses désirs, à sa foi religieuse et à une liberté nouvelle.

Malgré des références évidentes à Carrie, Joachim Trier évite la surenchère et livre un film où l’angoisse passe par le silence, le hors-champ et les regards. Thelma montre qu’il peut naviguer dans d'autres genres tout en gardant cette même finesse d’écriture et de mise en scène.

The Worst Person in the World : un film générationnel inattendu

En 2021, Joachim Trier retrouve Anders Danielsen Lie mais surtout offre un rôle marquant à Renate Reinsve dans The Worst Person in the World. Le film suit Julie, trentenaire en quête de sens, d’amour et de direction, dans un récit découpé en chapitres, mêlant humour, mélancolie, spontanéité et profondeur émotionnelle.

Le film séduit autant les critiques que le public, à tel point qu’il se retrouve nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film international. Ce succès est assez inattendu pour un film aussi introspectif et ancré dans une certaine réalité norvégienne, mais c’est justement là que réside la force de Joachim Trier : toucher à l’universel sans jamais quitter l’intime.

The Worst Person in the World est probablement le film qui a révélé Joachim Trier au public mondial, même s’il reste fidèle à ses thématiques habituelles. Le ton y est plus lumineux, parfois presque burlesque, mais jamais superficiel. On y retrouve une fois de plus ce goût pour les personnages à la croisée des chemins, pour les moments suspendus, et pour les vies que l’on ne maîtrise pas tout à fait.

Un cinéma de la délicatesse et du doute

Le style de Joachim Trier n’est pas fait de grandes déclarations, ni de mises en scène voyantes. Il préfère les ellipses aux démonstrations, les personnages ambigus aux figures héroïques, les silences aux dialogues explicatifs. Il s’intéresse à ce qu’on ne dit pas, à ce qu’on regrette, à ce qu’on sent sans pouvoir le formuler.

Avec son coscénariste Eskil Vogt, compagnon d’écriture fidèle, Joachim Trier construit un cinéma qui explore le passage du temps, les choix impossibles, les deuils ordinaires, les erreurs qu’on traîne et les moments de grâce fugaces. Il n’est pas là pour donner des réponses, mais pour rendre visibles les doutes.

Et c’est peut-être ce qui fait de Joachim Trier l’un des auteurs les plus précieux du cinéma actuel : il sait regarder ses personnages avec tendresse, sans les juger, et capter quelque chose de profondément humain, fragile, et vrai.

Filmographie

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