Jason Reitman
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Jason Reitman, né le 19 octobre 1977 à Montréal, au Canada, est un réalisateur, scénariste et producteur canado-américain. S’il est parfois présenté comme "le fils de", en référence à Ivan Reitman, célèbre pour Ghostbusters et autres comédies cultes des années 80, Jason Reitman s’est rapidement affranchi de cette étiquette familiale, construisant un style bien à lui, plus ironique, plus introspectif, plus en phase avec les paradoxes de son époque. Et avec un goût certain pour les personnages qui parlent trop, trop bien, ou parfois juste à côté de la plaque.
Des débuts prometteurs dans un cinéma d’auteur accessible
Le premier long-métrage de Jason Reitman, Thank You for Smoking (2005), donne le ton. On y suit un lobbyiste de l’industrie du tabac, charismatique et moralement flou, dans une satire mordante de la rhétorique et des conflits d’intérêt. Le film séduit autant par son rythme que par son humour noir, et Jason Reitman s’impose immédiatement comme un réalisateur à la plume acérée, qui préfère les dialogues brillants aux effets spéciaux tonitruants.
Cette capacité à rendre des sujets délicats drôles sans les banaliser deviendra sa signature. Il filme les discours, les hésitations, les contradictions intimes avec une forme de distance élégante. Et ce n’est pas si courant dans le cinéma américain contemporain.
Juno, ou l’art de rendre la grossesse adolescente... presque légère
En 2007, Reitman réalise Juno, écrit par Diablo Cody. Le film met en scène une adolescente enceinte, jouée par Ellen Page (aujourd'hui Elliot Page), dans une comédie dramatique qui évite les clichés à chaque tournant. Le succès est immédiat, autant critique que commercial. Et ce, malgré un sujet casse-gueule, traité avec une fraîcheur désarmante, un humour sec et une bande-son qui colle parfaitement à l’ambiance indie pop de l’époque.
Le film est nommé aux Oscars, dont celui de la meilleure réalisation pour Jason Reitman. Un exploit rare pour un second film, d’autant qu’il ne cède jamais aux grosses ficelles émotionnelles. Il reste fidèle à un ton à la fois détaché et profondément humain. Et c’est probablement là l’un de ses plus grands talents : savoir filmer la complexité sans en faire un drame théâtral.
Up in the Air et les angoisses du monde moderne
En 2009, Jason Reitman poursuit sur sa lancée avec Up in the Air, porté par George Clooney en expert du licenciement d’entreprise, voyageant de ville en ville pour virer des inconnus avec élégance. Un rôle parfait pour Clooney, et une histoire idéale pour Reitman, qui y explore la solitude contemporaine, les apparences professionnelles, et la fragilité des relations humaines.
Le film, sorti peu après la crise financière de 2008, résonne de manière troublante avec son époque. Il offre à Reitman un nouveau succès critique, plusieurs nominations aux Oscars, et confirme son statut de chroniqueur fin des tourments modernes, entre le rire discret et la mélancolie légère.
Une suite de films plus discrets, mais toujours personnels
Après le pic de Up in the Air, Jason Reitman enchaîne des projets plus intimistes, avec des succès variables mais une cohérence thématique. Il collabore à plusieurs reprises avec Charlize Theron, dans Young Adult (2011) puis Tully (2018), deux portraits de femmes cabossées, drôles et fatiguées, écrits une nouvelle fois par Diablo Cody.
Dans ces films, Reitman continue d’explorer des personnages paumés, souvent sarcastiques, parfois peu aimables mais toujours humains, avec un regard qui oscille entre la tendresse et la lucidité. On sent qu’il ne cherche pas à plaire à tout prix, mais à raconter des histoires honnêtes, souvent sans chute spectaculaire. Juste des tranches de vie un peu tordues, un peu vraies.
Une incursion familiale et nostalgique dans Ghostbusters
En 2021, Jason Reitman réalise Ghostbusters: Afterlife, une suite directe du film culte de 1984… réalisé par son père, Ivan Reitman. Un passage de témoin symbolique, mais aussi un virage dans sa filmographie : ici, il s’attaque à un mythe, avec un ton plus émotionnel, plus grand public, sans pour autant renier son style plus intimiste. Le film cherche un équilibre entre hommage et renouveau, et s’adresse autant aux fans de la première heure qu’aux nouvelles générations.
C’est peut-être un écart par rapport à ses films précédents, mais pas un abandon de son identité de cinéaste. Car même dans cet univers de fantômes et de proton packs, Jason Reitman reste attaché aux liens familiaux, aux deuils non faits, aux adolescents un peu décalés. Bref, à l’humain.
Un réalisateur à contre-courant, sans bruit mais avec style
Jason Reitman ne fait pas de bruit. Il ne cherche pas à multiplier les blockbusters ni à courir après les tendances. Il préfère les récits feutrés, les conflits subtils, les personnages qui doutent au lieu de triompher. Un style de cinéma qui demande un peu plus d’attention, mais qui offre aussi des histoires plus nuancées, plus justes, parfois ironiques, souvent touchantes.
En filigrane, ses films posent toujours cette question : comment vivre avec les choix qu’on fait quand rien n’est tout noir ou tout blanc ? Une question à laquelle il répond avec élégance, un plan à la fois.
Filmographie
4 sur 4 films