Jack Taylor
- Casting
Détails
| Autre nom | George Brown Randall |
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Nationalité |
| Filmographie | 5 films |
Biographie
Jack Taylor, de son nom complet George Brown Randall, est né le 21 octobre 1936 à Oregon (États-Unis). Acteur américain installé en Espagne depuis les années 1960, Jack Taylor est une figure emblématique du cinéma d’horreur européen, en particulier dans ses déclinaisons gothiques, érotiques et parfois psychédéliques.
Sa carrière, aussi longue qu’éclectique, est marquée par une certaine fidélité à un style d’acteur, élégant, ténébreux, légèrement mystérieux, et à un univers cinématographique qu’on qualifierait aujourd’hui volontiers de culte.
Il ne s’est jamais imposé comme une star hollywoodienne, et d’ailleurs, il ne l’a probablement jamais voulu. C’est en Espagne, puis dans l’Europe du sud des années 60 à 80, que Jack Taylor trouve sa place, au cœur d’un cinéma de genre qui mêle horreur, sensualité et décors baroques, avec souvent peu de moyens mais beaucoup d’imagination.
Des débuts américains à une carrière européenne assumée
Avant de devenir l’une des icônes du cinéma fantastique européen, Jack Taylor commence sa carrière aux États-Unis dans les années 50. Mais très vite, il traverse l’Atlantique pour s’installer en Espagne, pays dans lequel il passera l’essentiel de sa vie et de sa carrière. Il s’intègre rapidement à l’industrie locale, qui connaît alors une période d’expansion, notamment dans le domaine des co-productions internationales à petit budget.
Là où beaucoup d’acteurs américains cherchent à "percer" à Hollywood, Jack Taylor fait le choix inverse : il embrasse sans complexe les productions de genre européennes, souvent tournées dans plusieurs langues, pour plusieurs marchés, et avec une liberté artistique parfois déconcertante. Ce choix le conduit à tourner sous la direction de cinéastes aussi divers que Jesús Franco, Amando de Ossorio, ou Paul Naschy.
L’horreur comme territoire d’expression
Jack Taylor est avant tout associé au cinéma d’horreur gothique. Il incarne souvent des personnages élégants mais ambigus : aristocrates décadents, scientifiques troublés, prêtres tourmentés ou simples hommes pris au piège d’univers surnaturels. Il n’est jamais vraiment le "monstre", mais il est presque toujours celui qui sait, celui qui cache, celui qui observe.
Son style de jeu, raffiné, presque théâtral, tranche avec le caractère souvent rugueux des films dans lesquels il évolue. Cette dissonance devient d’ailleurs sa force : il apporte une forme de crédibilité, voire de poésie, à des productions où l’excès visuel et les effets fauchés pourraient vite tourner au ridicule. Avec Jack Taylor, même un vampire espagnol en plastique semble prendre un peu d’allure.
On le voit notamment dans La Mariée sanglante (1972), La Comtesse noire (1975), ou encore Les Nuits de Dracula, autant de films aujourd’hui redécouverts par les amateurs de cinéma bis, qui voient en lui une icône discrète du genre.
Une longévité rare, entre cinéma culte et caméos prestigieux
La carrière de Jack Taylor ne s’est jamais arrêtée. Bien qu’il soit surtout associé aux années 70, il a continué à apparaître régulièrement dans des films espagnols ou européens jusqu’aux années 2010, avec la même élégance intacte. Il effectue même quelques retours inattendus dans des productions plus prestigieuses.
On le retrouve notamment dans The Ninth Gate (La Neuvième Porte, 1999) de Roman Polanski, aux côtés de Johnny Depp, où il incarne un collectionneur de livres anciens, rôle parfait pour son style feutré. Il joue également dans Los abrazos rotos (Étreintes brisées, 2009) de Pedro Almodóvar, preuve que son aura particulière continue de fasciner les cinéastes contemporains.
Ces caméos, parfois très brefs, fonctionnent un peu comme des clins d’œil à un pan du cinéma aujourd’hui valorisé pour son audace et son étrangeté. Jack Taylor, avec son physique soigné, sa diction posée et son regard légèrement mélancolique, incarne presque à lui seul tout un pan du cinéma gothico-érotique européen.