Ingvar E. Sigurðsson

  • Casting

Détails

Autre nom Ingvar Eggert Sigurðsson
Âge
Nationalité
Filmographie 10 films

Biographie

Ingvar Eggert Sigurðsson est né le 22 novembre 1963 à Reykjavík, en Islande. Avec son regard perçant, son jeu intérieur et sa capacité à incarner des personnages aussi durs que tourmentés, Ingvar E. Sigurðsson s’est imposé comme l’un des piliers du cinéma islandais contemporain.

Acteur de caractère, profondément enraciné dans la culture nordique, il a su dépasser les frontières de son île natale pour se faire un nom dans les festivals internationaux… sans jamais sacrifier la singularité de son style. On ne le croise pas dans des blockbusters à grand spectacle, mais chaque rôle qu’il choisit laisse une empreinte.

Souvent taiseux, parfois inquiétant, toujours humain, Ingvar E. Sigurðsson est de ces acteurs qu’on ne quitte pas des yeux, non pas parce qu’ils en font trop, mais parce qu’ils suggèrent beaucoup en très peu de mots.

Formation classique et racines théâtrales

Comme de nombreux comédiens islandais de sa génération, Ingvar E. Sigurðsson se forme à l’Icelandic Academy of the Arts, puis fait ses armes sur les planches. Le théâtre reste pour lui un terrain d'exploration fondamental. Il y cultive une approche sobre, presque austère, où le corps, le silence et le regard en disent plus que les dialogues.

Ce lien à la scène ne l’a jamais quitté, même lorsqu’il commence à se faire remarquer à l’écran. Il continue à jouer régulièrement au Théâtre National d’Islande, confirmant qu’il voit le métier d’acteur non comme une voie vers la célébrité, mais comme un engagement artistique et culturel.

Le cinéma islandais, terrain d’expression naturel

C’est à travers le cinéma de son pays que Ingvar E. Sigurðsson devient un visage incontournable. Il collabore à plusieurs reprises avec Baltasar Kormákur, notamment dans 101 Reykjavík (2000), Jar City (2006), White Night Wedding (2008) ou encore The Deep (2012). Cette collaboration entre les deux hommes participe largement à l’essor du cinéma islandais sur la scène internationale.

Dans Jar City (Mýrin), il incarne l’inspecteur Erlendur, personnage emblématique de la littérature islandaise créée par Arnaldur Indriðason. Flic marqué par la vie, sec, mais habité par un fort sens moral, il devient sous les traits de Sigurðsson une figure presque mythologique. Là encore, le jeu repose sur la tension interne, le non-dit, et un sens du rythme très nordique : lent, pesant, mais captivant.

En 2019, il éblouit la critique dans A White, White Day (Hvítur, Hvítur Dagur), de Hlynur Pálmason, où il interprète un ancien policier rongé par le deuil. Ce rôle lui vaut une mention spéciale du jury au Festival de Cannes (Semaine de la critique), et confirme ce que beaucoup savaient déjà : Ingvar E. Sigurðsson est un acteur d’une intensité rare.

Une présence discrète mais marquante dans le cinéma international

Même s’il reste fidèle à l’Islande, Ingvar E. Sigurðsson fait quelques incursions dans le cinéma international. On le voit dans Everest (2015), toujours sous la direction de Kormákur, ou encore dans des productions européennes où son aura tranquille fait mouche. Il n’a pas besoin de multiplier les répliques pour exister : il habite l’image.

Il joue aussi dans la série Katla (2021), production islandaise diffusée sur Netflix, où il tient un rôle central dans une ambiance fantastique et glaciale typiquement nordique. Il confirme, là encore, qu’il sait captiver avec trois mots et un silence bien placé.

Un acteur de l’intérieur, maître des silences

La force de Ingvar E. Sigurðsson, c’est sa capacité à faire ressentir le tumulte intérieur sans jamais le théâtraliser. Il est souvent associé à des rôles de pères, de policiers, d’hommes taiseux confrontés à une douleur morale ou à un effondrement personnel. Ces rôles, qui pourraient devenir caricaturaux, prennent entre ses mains une gravité épurée, presque minérale.

Physiquement imposant sans être menaçant, il incarne une forme de masculinité vulnérable, marquée par l’expérience, le doute, le silence. On sent toujours, derrière ses personnages, une faille ou une question restée sans réponse. C’est cette intranquillité permanente qui donne à son jeu une dimension presque philosophique.

Il ne cherche pas la performance. Il s’efface pour laisser parler le monde intérieur de ses personnages, comme s’il captait quelque chose de plus ancien que l’histoire racontée.

Filmographie

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le