Glenn Close

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 12 films
Récompenses 10 nominations et 0 victoire

Biographie

Glenn Close, née le 19 mars 1947 à Greenwich, dans le Connecticut (États-Unis), est une actrice américaine au parcours aussi riche qu’intense, connue pour son regard d’acier, sa diction précise et sa capacité à incarner aussi bien la retenue glaçante que l’explosion émotionnelle.

Elle fait partie de ces comédiennes dont la seule présence à l’écran suffit à installer une tension dramatique. Depuis plus de quatre décennies, Glenn Close est synonyme de puissance, d’ambiguïté et d’élégance brute, dans des rôles féminins souvent complexes, parfois dérangeants, toujours inoubliables.

Et pourtant, malgré une carrière auréolée de prestige, elle reste longtemps associée à une “malédiction des Oscars”, avec pas moins de huit nominations sans victoire. Un fait qui, au lieu de ternir son aura, n’a fait que renforcer le respect presque sacré que lui voue le milieu du cinéma.

Une enfance peu ordinaire, une vocation tardive

Fille de William Close, chirurgien et consultant personnel de Mobutu au Congo, Glenn Close passe une partie de sa jeunesse en Afrique, et grandit dans un cadre religieux strict, au sein d’un groupe sectaire — une expérience qui marquera son rapport à l’autorité, à l’émotion contenue, et à la notion de façade. Elle ne se lance dans le théâtre professionnel que dans la trentaine, un démarrage tardif à Hollywood, mais avec une maturité et une intensité déjà marquées.

Formée à la prestigieuse université de William and Mary, elle développe très tôt un goût pour les personnages nuancés, souvent ambivalents, et une présence scénique héritée de ses années sur les planches, notamment à Broadway.

Les années 80 : la montée en puissance d’un regard inoubliable

Glenn Close commence sa carrière au cinéma dans les années 1980, et enchaîne trois nominations aux Oscars dès ses trois premiers rôles : The World According to Garp (1982), Le Meilleur (1984) et Les Arnaqueurs (1985). Elle y campe des femmes secondaires, mais déterminantes, avec une force tranquille qui contraste avec le glamour hollywoodien classique.

Puis vient Fatal Attraction (1987), où elle incarne Alex Forrest, une femme délaissée qui sombre dans l’obsession. Le film devient un phénomène culturel, et Close y livre une performance viscérale, effrayante, mais étrangement humaine. Elle refuse d’en faire une simple “folle” : elle joue une douleur réelle, une femme blessée, pas un monstre de série B. Ce rôle la fait entrer dans la légende... et dans les cauchemars de toute une génération.

Un an plus tard, dans Dangerous Liaisons (1988), elle incarne la Marquise de Merteuil, une stratège du désir aussi raffinée que cruelle. Encore une fois, elle excelle dans l’ambiguïté, transformant chaque mot en une arme, chaque regard en menace voilée.

Une carrière marquée par des femmes puissantes, complexes, et souvent terrifiantes

Le cinéma lui confie régulièrement des rôles de femmes redoutables : manipulatrices, autoritaires, intelligentes. Mais Glenn Close évite systématiquement la caricature. Elle donne à ses personnages une texture, une histoire, un feu intérieur, même quand ils incarnent le pouvoir ou le chaos.

Que ce soit dans 101 Dalmatians (1996), où elle s’amuse à jouer Cruella d’Enfer avec une démesure théâtrale savoureuse, ou dans Albert Nobbs (2011), où elle interprète une femme se faisant passer pour un homme dans l’Irlande du XIXe siècle, elle s’investit corps et âme, souvent jusqu’à produire ou coécrire les projets elle-même.

Elle alterne les genres — thriller, drame d’époque, satire politique — mais reste fidèle à une ligne : incarner des femmes entières, jamais réduites à une seule facette.

Damages et le virage télévisuel maîtrisé

Dans les années 2000, alors que beaucoup d’actrices voient les rôles s’amenuiser avec l’âge, Glenn Close effectue une transition brillante vers la télévision, avec la série Damages (2007–2012). Elle y campe Patty Hewes, une avocate impitoyable, manipulatrice, glaciale mais fascinante. Un rôle taillé pour elle, qui lui vaut deux Emmy Awards et rappelle que la télévision peut être un terrain de jeu passionnant pour les actrices exigeantes.

Là encore, son autorité naturelle et sa maîtrise du silence comme outil de tension dramatique font des merveilles. Patty Hewes, comme beaucoup de ses personnages, inspire à la fois l’admiration et la peur — et c’est précisément ce qui captive.

Une reconnaissance toujours en attente… mais déjà incontestable

Avec des films comme The Wife (2017), où elle joue une femme d’écrivain qui se demande si le prix Nobel de son mari n’est pas le fruit de son propre travail, Glenn Close touche à quelque chose d’encore plus intime : l’invisibilisation des femmes, la douleur du sacrifice silencieux, et la colère rentrée. Ce rôle lui vaut sa septième nomination à l’Oscar, toujours sans victoire — un refrain connu à Hollywood.

Mais loin de céder au pathos ou à l’amertume, elle continue à travailler avec intensité, finesse et une rigueur d’interprétation qui en impose. Pour beaucoup, elle est l’exemple même d’une carrière bâtie sur la cohérence artistique plutôt que sur les coups d’éclat médiatiques.

Glenn Close : une légende vivante, en toute sobriété

Qu’elle joue une empoisonneuse, une avocate glaciale, une mère trahie ou une grand-mère en colère, Glenn Close incarne la complexité du féminin avec une intelligence rare. Elle n’a pas besoin de hurler pour imposer le respect, ni d’artifice pour creuser les émotions. Elle s’ancre, elle écoute, elle regarde — et on ne voit qu’elle.

Son absence d’Oscar n’est qu’un détail, au fond, face à une filmographie qui traverse les décennies avec une constante exigence. Glenn Close n’est pas une star au sens marketing du terme : elle est une actrice au sens noble, au sens viscéral.

Et si elle impressionne autant, c’est sans doute parce qu’elle n’a jamais tenté d’être aimée à tout prix. Juste comprise.

Filmographie

12 sur 12 films

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