Georges Brassens
- Casting
- Sons
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 1 film |
Biographie
Georges Brassens est né le 22 octobre 1921 à Sète, dans le sud de la France, et s’est éteint le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc, près de Montpellier. Chanteur, auteur-compositeur et poète, Georges Brassens est une figure incontournable de la chanson française, de celles qui ne se démodent pas, parce qu’elles ne cherchent ni l’effet de mode, ni le consensus. Avec sa pipe, sa moustache, sa guitare et son air faussement nonchalant, il a chanté l’amour, la mort, la liberté, la bêtise humaine, le plaisir des mots… le tout avec une verve unique, souvent impertinente, toujours brillante.
Un autodidacte amoureux des lettres et des vers
Issu d’un milieu modeste mais ouvert à la culture, Georges Brassens découvre très tôt la poésie, qu’il lit avec avidité : Hugo, Villon, Verlaine, mais aussi des auteurs plus confidentiels, qu’il finira par remettre au goût du jour en les mettant en musique. Très jeune, il écrit ses premiers poèmes et joue avec les mots comme d’autres avec des notes. Sa passion pour la langue française ne le quittera jamais. Ce n’est pas un érudit de salon, mais un ouvrier du verbe, un artisan du rythme et de la rime, qui polira chaque texte comme un bijou.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Georges Brassens est envoyé en Allemagne pour le STO (service du travail obligatoire), dont il s’échappera avec l’aide de la famille Planche, à Paris. Ce passage forcé à l’ombre de l’Histoire nourrit chez lui un rapport particulier à l'autorité et aux institutions, qu’il n’aura de cesse de tourner en dérision tout au long de sa carrière.
Une ascension discrète, un style inimitable
C’est dans les années 1950 que Georges Brassens émerge réellement comme auteur-compositeur-interprète, grâce au soutien décisif de Patachou, qui l’encourage à monter sur scène malgré sa timidité maladive. Il ne ressemble alors à personne : pas de posture, pas de chorégraphie, juste un tabouret, une guitare, un accompagnateur fidèle (Joël Favreau, puis Pierre Nicolas), et des textes ciselés qui font mouche à chaque couplet.
Son style se forge rapidement : un mélange de langage soutenu et d’argot, de classicisme poétique et de libertinage verbal, de gravité et d’ironie. Il ose tout, ou presque. Il chante Le Gorille (où la justice en prend pour son grade), La Mauvaise Réputation, Les Copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat... autant de titres devenus classiques, à force d’être fredonnés, cités, étudiés — parfois même censurés à leur sortie.
Libertaire mais pas militant, irrévérencieux mais pas cynique
On a souvent rangé Georges Brassens parmi les anarchistes, ce qu’il n’a jamais vraiment contesté, mais sans jamais endosser l’étiquette. Ce qu’il défend avant tout, c’est l’individu face au conformisme, la tendresse face à la bêtise, l’ironie face à l’autorité. Il méprise les idéologies, se méfie des grandes causes, et préfère célébrer les petits riens, les marginaux, les amis, les chats, les bistrots. Il se méfie de tout ce qui sent le dogme, la morale imposée, ou la vertu obligatoire.
Georges Brassens n’était pas non plus un chanteur à voix, ni un showman. Il n’en avait ni l’envie ni le tempérament. Il chantait comme il parlait, presque en aparté, avec cette diction parfaite et ce léger détachement, comme s’il chuchotait ses vérités à l’oreille de chacun.
Un legs poétique hors du temps
Ce qui frappe, encore aujourd’hui, c’est la modernité des textes de Georges Brassens. Ils résistent au temps, et même à l’époque. Ses chansons ne cherchent pas à coller à l’actualité ou à séduire la mode du moment. Elles vivent dans un monde parallèle, fait de vers parfaits, de personnages cocasses, de pensées profondes masquées derrière un sourire en coin. Il y a chez lui quelque chose de profondément littéraire, mais sans jamais donner l’impression de faire la leçon. Il peut être grivois et délicat dans le même couplet, irrévérencieux et tendre dans la même strophe.
Il a aussi laissé une trace dans la transmission de la poésie française, en mettant en musique des textes de Victor Hugo, Paul Fort, Louis Aragon ou François Villon, avec un respect et une liberté d’interprétation qui les ont rendus accessibles à tous.
Un homme discret, fidèle à ses valeurs jusqu’au bout
La vie de Georges Brassens, à l’image de sa musique, est restée simple, sans grand scandale, sans excès tapageurs. Il a vécu longtemps dans le même appartement du 14ᵉ arrondissement de Paris, en compagnie de Jeanne, la femme discrète qu’il n’épousa jamais, et de ses chats. Il fuyait les honneurs, les plateaux de télévision, les interviews formatées. Pas par snobisme, mais par fidélité à une certaine idée de la liberté : celle de choisir quand et comment l’on parle, quand et comment l’on chante.
Aujourd’hui encore, les chansons de Georges Brassens continuent d’être reprises, enseignées, réécoutées avec bonheur. On y découvre, au-delà des rires, une grande mélancolie, une tendresse désarmante, et un rapport à la langue qui a peu d’équivalent.
Georges Brassens, c’est la voix d’un homme libre qui n’a jamais levé le poing mais qui, mine de rien, a ébranlé bien des certitudes. Avec une guitare, un tabouret, et une plume aiguisée.
Filmographie
1 sur 1 film