David Robert Mitchell
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Né le 19 octobre 1974 à Clawson, dans le Michigan (États-Unis), David Robert Mitchell est un réalisateur et scénariste américain dont le nom s’est imposé dans le cinéma indépendant grâce à une poignée de films aussi singuliers qu’intrigants. À travers des récits qui flirtent avec le fantastique, l’angoisse et le mythe américain, il s’est rapidement taillé une réputation d’auteur visuel, à la fois référencé et imprévisible.
Des banlieues du Michigan aux salles de la Semaine de la Critique
Formé à la Florida State University, où il obtient un Master en production cinématographique, David Robert Mitchell ne se précipite pas dans le long métrage. Avant de se faire un nom, il travaille notamment dans le montage de bandes-annonces à Los Angeles, un métier souvent ingrat, mais formateur.
En 2010, il passe à la réalisation avec The Myth of the American Sleepover, chronique douce-amère d’un été adolescent dans la banlieue de Detroit. Le film, à mi-chemin entre tendresse et mélancolie, est sélectionné à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes. Il impose déjà une esthétique maîtrisée, baignée de lumière tamisée et de silences évocateurs. Une manière douce, presque timide, d’entrer dans le grand bain du cinéma d’auteur.
It Follows, l’onde de choc
Mais c’est en 2014 que David Robert Mitchell fait vraiment sensation avec It Follows, un film d’horreur atypique où l’effroi naît moins des cris que du silence, de la lenteur et de l’attente. Le pitch est simple, presque absurde : une malédiction se transmet sexuellement, sous la forme d’une entité qui suit, inlassablement. Ce qui aurait pu tourner au gadget devient entre ses mains un pur moment de cinéma atmosphérique.
La critique salue ce mélange de réalisme onirique, de références maîtrisées (Carpenter n’est jamais loin), et de lecture symbolique (la peur, l’héritage, l’angoisse du passage à l’âge adulte). Le film, modeste dans sa production, explose au box-office et fait de David Robert Mitchell un auteur à suivre.
Sous les palmiers de l’absurde : Under the Silver Lake
Fort du succès de It Follows, David Robert Mitchell choisit la voie la plus inattendue : en 2018, il réalise Under the Silver Lake, une fable néo-noire déroutante dans laquelle un jeune homme traque une mystérieuse disparue dans un Los Angeles rempli de symboles, de codes cachés, de théories du complot et de clins d’œil pop.
Avec Andrew Garfield dans le rôle principal, le film divise profondément. Certains y voient une œuvre confuse et prétentieuse, d’autres un fascinant labyrinthe postmoderne. Ce qui est sûr, c’est que le réalisateur ne cherche pas à plaire. Il signe un film dense, crypté, à mille lieues des logiques hollywoodiennes.
En refusant la facilité du remake ou du « film de studio », David Robert Mitchell confirme qu’il est un cinéaste d’auteur pur, prêt à sacrifier l’unanimité critique pour préserver son style et son indépendance.
Un réalisateur obsédé par les mythes modernes
Derrière l’horreur ou la paranoïa, ce que filme David Robert Mitchell, c’est surtout une Amérique hantée par ses mythes. L’adolescence, le sexe, la disparition, les banlieues, la nuit californienne, les codes sociaux : tous deviennent chez lui des figures troublantes, presque fantomatiques.
Ses personnages sont souvent perdus, mélancoliques, à la recherche d’un sens caché derrière les apparences. Il ne s’agit pas seulement de raconter une histoire, mais de faire ressentir un malaise diffus, comme une tension qui ne dit pas son nom. C’est ce malaise, presque poétique, qui donne à ses films leur étrangeté si particulière.
Filmographie
3 sur 3 films