David Mackenzie

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Filmographie 3 films

Biographie

David Mackenzie, né le 10 mai 1966 à Corbridge, en Angleterre (Royaume-Uni), est un réalisateur, scénariste et producteur écossais, connu pour ses choix cinématographiques à la fois audacieux et inclassables. S’il n’est pas un nom de premier plan pour le grand public, il est respecté dans les cercles cinéphiles pour sa capacité à passer d’un genre à l’autre sans jamais perdre son style personnel. À mi-chemin entre tension psychologique, naturalisme brut et lyrisme visuel, David Mackenzie fait partie de ces réalisateurs qu’on reconnaît plus à l’ambiance qu’au genre.

Formé aux Beaux-Arts, puis à la London College of Printing, David Mackenzie entre dans le monde du cinéma par la porte de l’expérimentation. Très tôt, il se fait remarquer pour ses courts métrages, notamment California Sunshine et Somersault, qui témoignent déjà d’un goût prononcé pour les personnages en marge, les silences lourds de sens, et une caméra au plus près des corps. Il cofonde la société Sigma Films avec Gillian Berrie, qui deviendra la base de lancement de plusieurs projets écossais ambitieux, dont les siens.

Des débuts éclectiques et provocateurs

Le premier long métrage de David Mackenzie, The Last Great Wilderness (2002), passe un peu sous les radars, mais dès Young Adam (2003), il attire l’attention. Tourné dans l’Écosse industrielle des années 1950, ce drame sensuel et sombre avec Ewan McGregor explore la culpabilité, le désir et l’errance masculine. On y retrouve déjà cette manière de filmer la peau, l’eau, les regards fuyants… et un refus net de tout manichéisme. Le film, adapté d’un roman d’Alexander Trocchi, est salué pour sa maturité et son atmosphère oppressante.

Suivent Asylum (2005), avec Natasha Richardson, un thriller psychologique dans un hôpital psychiatrique, et Hallam Foe (2007), où un jeune homme en deuil développe une étrange obsession voyeuriste. Là encore, David Mackenzie refuse les récits linéaires et préfère explorer les failles intimes. Ce sont souvent des personnages à la dérive qu’il filme, entre besoin d’amour et fuite de la réalité.

À ce stade, on comprend qu’il n’est pas là pour suivre les règles du jeu hollywoodien. Il aime les récits dérangeants, les frontières floues entre culpabilité et innocence, entre passion et manipulation. Et visuellement, son style se précise : une lumière souvent froide, une mise en scène sobre mais tendue, et une attention particulière portée aux détails sensoriels.

Perfect Sense, Starred Up, Hell or High Water : le tournant international

En 2011, David Mackenzie signe Perfect Sense, une romance post-apocalyptique avec Ewan McGregor (encore lui) et Eva Green. Le monde y est frappé par une étrange épidémie qui efface progressivement les sens. Plutôt que de faire un film catastrophe classique, il choisit l’angle intime : que reste-t-il du lien humain quand on ne peut plus goûter, sentir, entendre ? Ce film, à la fois mélancolique et poétique, illustre bien sa manière de mêler science-fiction et introspection.

Mais c’est sans doute Starred Up (2013) qui marque son entrée dans une nouvelle dimension. Ce drame carcéral britannique, brut et sans concessions, raconte la relation explosive entre un jeune détenu ultra-violent et son père, également incarcéré. Tourné dans une vraie prison, avec une tension palpable dans chaque scène, le film est salué pour son réalisme et sa puissance émotionnelle. David Mackenzie y dirige un Jack O’Connell habité, et livre l’un des meilleurs films de prison de ces dernières décennies, sans jamais verser dans le sensationnalisme.

Puis arrive Hell or High Water (2016), un western moderne situé dans un Texas en crise économique. Porté par Chris Pine, Ben Foster et Jeff Bridges, le film raconte l’histoire de deux frères braqueurs confrontés à un ranger vieillissant. Le scénario, signé Taylor Sheridan, se marie parfaitement avec la mise en scène élégante et tendue de David Mackenzie, qui filme les paysages arides du Sud des États-Unis avec autant de soin que les visages marqués par la résignation. Le film est un succès critique, nommé aux Oscars, et marque l’entrée définitive de David Mackenzie dans la cour des grands réalisateurs internationaux.

Outlaw King et les défis de la grande fresque historique

En 2018, David Mackenzie s’attaque à un registre plus épique avec Outlaw King, un film Netflix sur la révolte de Robert the Bruce, roi d’Écosse au XIVe siècle. Interprété par Chris Pine (encore), ce drame historique se veut une réponse à Braveheart, avec une volonté de réalisme plus marqué. Tourné dans les décors naturels écossais, avec des scènes de bataille âpres et sanglantes, Outlaw King divise un peu plus la critique. Certains y voient une fresque inspirée, d’autres une œuvre trop classique. Mais visuellement, le film reste fidèle à la sensibilité de David Mackenzie, qui filme la boue, la fatigue et la guerre avec la même attention que les moments de silence ou d’humanité fragile.

Filmographie

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