Darius Khondji

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Détails

Âge
Nationalités
Filmographie 14 films
Récompenses 3 nominations et 0 victoire

Biographie

Darius Khondji, né le 21 octobre 1955 à Téhéran, en Iran, est un directeur de la photographie franco-iranien reconnu pour son travail visuel singulier, souvent sombre, toujours maîtrisé, et profondément cinématographique. Si son nom n’est pas toujours connu du grand public, ses images, elles, le sont. Et pour cause : Darius Khondji a travaillé avec des cinéastes aussi différents que David Fincher, Bernardo Bertolucci, Woody Allen, Bong Joon-ho ou encore Michael Haneke. Rien que ça.

Il grandit en France, dans un mélange de cultures orientale et occidentale, avant de poursuivre ses études à l’Université de New York puis à la prestigieuse Tisch School of the Arts. Très vite, Darius Khondji se passionne pour la photographie argentique, les contrastes violents, et cette matière visuelle presque palpable qu’il ne cessera de chercher dans tous ses projets. À une époque où le numérique devient la norme, lui reste fidèle à une certaine idée du grain, de la texture et de l’imperfection qui fait la beauté du cinéma.

Le choc esthétique de Seven

S’il fallait ne citer qu’un film pour comprendre l’impact visuel de Darius Khondji, ce serait sans doute Seven (1995) de David Fincher. C’est dans ce thriller à l’atmosphère oppressante que son style explose aux yeux du monde. La lumière tamisée, les décors humides et poussiéreux, les ombres presque sales qui envahissent chaque plan… tout participe à créer une ambiance irrespirable, mais fascinante.

Ce film devient rapidement une référence visuelle dans le genre du polar noir, et propulse Darius Khondji parmi les chefs opérateurs les plus demandés. Il impose une signature où la lumière n’éclaire pas forcément, mais révèle des zones grises, parfois littéralement.

Une esthétique à la fois picturale et organique

L’une des forces de Darius Khondji est de réussir à marier une rigueur technique impressionnante à une véritable sensibilité artistique. Sa photographie s’inspire souvent de la peinture – Caravage, Rembrandt, les impressionnistes – et cela se sent dans sa manière de composer chaque plan, comme un tableau vivant. Le clair-obscur, les sources de lumière naturelles, les reflets accidentels, les couleurs sourdes : tout semble minutieusement pensé, sans jamais paraître figé.

Mais au-delà de l’aspect pictural, il y a toujours chez Darius Khondji une volonté de faire ressentir quelque chose de viscéral. Que ce soit la chaleur étouffante d’une chambre, l’humidité d’une rue nocturne, ou la solitude d’un personnage dans l’ombre, il donne à ses images une physicalité qui touche presque les sens.

Une carrière marquée par l’éclectisme et la fidélité

Ce qui impressionne dans la filmographie de Darius Khondji, c’est la diversité des styles et des cinéastes avec lesquels il a travaillé. Il signe la photographie de Evita d’Alan Parker, Midnight in Paris de Woody Allen, Amour de Michael Haneke, Okja de Bong Joon-ho ou encore Uncut Gems des frères Safdie. Chaque fois, il adapte sa grammaire visuelle au film, mais sans jamais renier sa sensibilité.

Il retrouve certains réalisateurs à plusieurs reprises, comme James Gray, avec qui il collabore notamment sur The Immigrant et Ad Astra. Leur travail commun explore une esthétique plus mélancolique, presque lyrique, où la lumière devient un élément narratif à part entière.

Darius Khondji, c’est aussi cette capacité à créer du lien entre l’image et l’émotion, entre la technique et le récit. Il ne s’agit pas simplement de "jolie photo", mais d’une vraie contribution au sens du film.

Une reconnaissance internationale, mais toujours en marge du star system

Nommé à l’Oscar de la meilleure photographie pour Evita, plusieurs fois récompensé dans les festivals et salué par ses pairs, Darius Khondji reste malgré tout un homme discret, presque en retrait. Il accorde peu d’interviews, fuit les effets de manche, et préfère parler d’ombres que de lumière médiatique.

C’est peut-être ce qui fait sa force : cette humilité artisanale qui le pousse à toujours se mettre au service du film, plutôt qu’à chercher à se faire remarquer. Il est pourtant l’un des rares directeurs de la photographie dont le nom peut suffire à susciter l’attente, voire l’admiration, chez les cinéphiles.

Filmographie

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