Dario Argento

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Filmographie 4 films

Biographie

Dario Argento, né le 7 septembre 1940 à Rome, Italie, est un réalisateur, scénariste, producteur et ancien critique de cinéma, reconnu comme l’un des grands noms du cinéma d’horreur européen, et l’un des architectes du giallo, ce sous-genre italien entre thriller, horreur et enquête visuelle ultra-stylisée.

Sa filmographie est une plongée dans un univers onirique, baroque, souvent cauchemardesque, où les meurtres deviennent des chorégraphies visuelles et où le sang, loin d’être réaliste, devient presque une couleur primaire à part entière.

Avec des films comme Suspiria, Deep Red, Tenebrae ou Opera, Dario Argento a redéfini les codes de l’horreur à l’italienne, tout en influençant durablement des générations de cinéastes à travers le monde, de John Carpenter à Guillermo del Toro, en passant par Gaspar Noé et Nicolas Winding Refn.

Une entrée dans le cinéma par la critique et l’écriture

Avant de passer derrière la caméra, Dario Argento est d’abord critique de cinéma pour le quotidien Paese Sera, dans les années 1960. Il se forme une solide culture cinéphile, nourrie de westerns, de films noirs américains, de cinéma d’épouvante classique et d’expressionnisme allemand. Cette base théorique nourrit son regard esthétique, très personnel, et l’oriente naturellement vers l’écriture de scénarios.

Il coécrit notamment Il était une fois dans l’Ouest (1968) de Sergio Leone, preuve de sa proximité avec le western spaghetti et du sérieux avec lequel il est perçu très tôt dans le milieu du cinéma italien. Mais c’est en 1970 qu’il fait sa véritable entrée comme auteur-réalisateur, avec un film qui deviendra le point de départ d’une œuvre entière.

L’Oiseau au plumage de cristal : acte fondateur du giallo moderne

Avec L’Oiseau au plumage de cristal (L’uccello dalle piume di cristallo, 1970), Dario Argento signe un premier long-métrage qui rencontre un succès critique et public immédiat. Le film pose les bases de son style : meurtres stylisés, tueur ganté, enquêteur malgré lui, ambiance trouble, architecture oppressante, et surtout une attention quasi maniaque à la mise en scène.

Ce film ouvre ce qu’on appellera la « trilogie animale », avec Le Chat à neuf queues et Quatre mouches de velours gris, trois thrillers à énigmes dans lesquels le spectateur, comme le héros, est toujours un peu aveugle, trompé par ses propres perceptions. Dario Argento transforme l’enquête en expérience sensorielle, et l’angoisse en pur spectacle visuel.

Suspiria et l’entrée dans l’horreur surnaturelle

En 1977, Dario Argento change de registre avec Suspiria, son chef-d'œuvre incontesté et film emblématique du cinéma d’horreur. Abandonnant les codes stricts du giallo, il s’oriente vers le fantastique, le surnaturel, et une narration plus intuitive que logique. L’histoire d’une jeune danseuse qui découvre une école de ballet dirigée par une secte de sorcières devient, sous la caméra d’Argento, une expérience sensorielle totale.

La photographie ultra-colorée signée Luciano Tovoli, la musique assourdissante de Goblin, les décors expressionnistes, les meurtres ritualisés... tout concourt à faire de Suspiria un cauchemar éveillé, qui déroute autant qu’il fascine. Le film influence des dizaines de cinéastes, et impose Dario Argento comme un esthète de la peur, plus intéressé par l’impact visuel que par la cohérence narrative.

Il poursuivra cette veine avec Inferno (1980) et La Terza Madre (2007), formant une trilogie surnommée « Les Trois Mères », un triptyque baroque sur la sorcellerie, la douleur, et la décadence.

Une œuvre marquée par l’obsession du regard et de la mise à mort

Tout au long de sa filmographie, Dario Argento développe une obsession récurrente pour le regard, les objets optiques (miroirs, jumelles, caméras, lunettes), et le rôle du spectateur comme témoin impuissant. Les meurtres dans ses films ne sont pas de simples actes violents, ce sont des mises en scène dans la mise en scène, des tableaux macabres où le cinéma devient lui-même complice du crime.

Dans Tenebrae (1982), il va jusqu’à interroger sa propre responsabilité en tant qu’auteur de fictions violentes. Le film, méta, froid, lumineux, devient un miroir tordu tendu à ses critiques comme à ses fans. Dans Opera (1987), il oblige son héroïne à assister à des meurtres en fixant des aiguilles sous ses yeux, allégorie évidente de la position du spectateur forcé de regarder l’horreur. Ce jeu constant entre voyeurisme et culpabilité est au cœur de son cinéma.

Une influence massive, au-delà du cinéma italien

Même si le succès critique et commercial de Dario Argento décline dans les années 1990 et 2000, il reste une figure mythique du cinéma de genre, célébrée dans les festivals, étudiée dans les écoles de cinéma, et régulièrement citée par les plus grands. Des cinéastes comme Brian De Palma, Quentin Tarantino, David Fincher, ou James Wan ont tous reconnu l’influence directe ou indirecte de ses œuvres.

Son style, immédiatement reconnaissable, continue d’être réinterprété, que ce soit dans les hommages explicites (comme le Suspiria de Luca Guadagnino en 2018) ou dans des formes plus diffuses, comme l’utilisation du son, de la couleur ou du montage dans les thrillers contemporains.

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