Crispin Glover
- Casting
Détails
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| Filmographie | 13 films |
Biographie
Crispin Glover, né le 20 avril 1964 à New York, aux États-Unis, est un acteur, réalisateur, écrivain et producteur américain connu pour son style singulier, sa présence étrange à l’écran et ses choix de carrière souvent à contre-courant. Son nom complet est Crispin Hellion Glover – oui, Hellion, comme un présage de son goût pour l’inattendu.
Il est surtout célèbre pour son rôle de George McFly, le père de Marty dans Retour vers le futur (Back to the Future, 1985), mais son parcours ne se résume pas à cette seule performance. Il est l’une de ces figures marginales de Hollywood, fascinantes précisément parce qu’elles ne cherchent pas à plaire à tout prix.
De New York à Los Angeles : les débuts de Crispin Glover
Issu d’une famille déjà ancrée dans le monde du spectacle (son père, Bruce Glover, est lui-même acteur), Crispin Glover grandit à Los Angeles, en Californie. Très tôt attiré par la scène, il commence sa carrière d’acteur adolescent, apparaissant dans des séries télévisées comme Happy Days et Family Ties.
À l'écran, il se distingue immédiatement par sa gestuelle nerveuse, son regard perçant et une façon de parler légèrement décalée. Une sorte d’ovni qui s’impose malgré lui dans le paysage lisse du Hollywood des années 80.
Retour vers le futur : George McFly, ou l’anti-héros selon Crispin Glover
Le rôle qui le fait connaître du grand public reste celui de George McFly, le père maladroit et un peu lunaire de Marty dans Retour vers le futur. Glover incarne ce personnage avec une sensibilité nerveuse qui le rend à la fois pathétique et attachant. Sa prestation contribue fortement à l’équilibre comique du film, tout en révélant une profondeur psychologique inhabituelle pour une comédie de science-fiction.
Cependant, l’histoire entre Glover et la saga n’est pas exactement un conte de fées. Il ne reprend pas son rôle dans Retour vers le futur II, suite à un désaccord avec les producteurs, notamment sur des questions éthiques liées à l'utilisation de son image et à la morale du scénario. Une querelle qui donnera lieu à un contentieux juridique retentissant, et à un débat pionnier sur les droits d’image à Hollywood.
Une filmographie en marge, entre blockbusters et projets expérimentaux
Après ce départ remarqué (et commenté) de la saga culte, Crispin Glover poursuit une carrière éclectique, refusant la voie facile des seconds rôles dans les grosses productions. Il apparaît dans des films aux tonalités sombres ou absurdes comme River's Edge (1986), Dead Man de Jim Jarmusch (1995), ou encore Willard (2003), où il joue un homme solitaire entouré de rats, avec un mélange troublant de fragilité et d’intensité.
Il n’est jamais vraiment là où on l’attend. On le retrouve aussi dans des blockbusters comme Charlie’s Angels (2000), où il incarne un tueur muet coiffé comme un professeur de mathématiques des années 70, ou encore dans Alice au pays des merveilles de Tim Burton (2010), où il prête ses traits à Stayne, le Valet de Cœur.
Chaque fois, il injecte dans ses rôles une étrangeté poétique et légèrement inquiétante, qui donne l’impression qu’il vient d’une autre planète – ou au moins d’un autre plateau de tournage.
Crispin Glover, écrivain, éditeur et réalisateur d’un cinéma… très personnel
En parallèle de sa carrière d’acteur, Crispin Glover développe un univers artistique radicalement indépendant. Il écrit et édite des livres à partir de textes du XIXe siècle qu’il découpe, colle et annote à la main, les publiant sous sa propre maison d’édition. Oui, on est loin du roman de plage.
Mais c’est surtout avec ses propres films qu’il pousse les frontières du cinéma. En 2005, il réalise What Is It?, un long-métrage expérimental interprété en grande partie par des acteurs atteints de trisomie 21, mêlant dialogues surréalistes, symboles occultes et musique classique. Ce film est le premier d’une trilogie inachevée, à mi-chemin entre performance artistique, œuvre dadaïste et manifeste contre le conformisme hollywoodien.
Glover refuse toute distribution traditionnelle, préférant projeter ses films lors de tournées où il les présente en personne, accompagnés de lectures publiques et de séances de questions-réponses. Une démarche artisanale et engagée qui confère à ses œuvres une aura culte.
Un artiste inclassable, fidèle à lui-même
Avec Crispin Glover, rien n’est jamais simple, ni attendu. Il cultive cette position d’outsider, préférant la liberté à la reconnaissance, l’expérimentation à la facilité. Son refus du système, ses œuvres bizarres et souvent provocantes, mais aussi son indéniable talent d’interprète en font une figure respectée des cercles cinéphiles les plus curieux.
Il n’est pas l’acteur qu’on voit partout, mais quand il apparaît, il capte l’attention. Parfois à travers une simple mimique, un silence bien placé ou un regard étrange, il réussit à imprimer sa marque sur des films très différents.
Et si vous n’avez jamais vu un film réalisé par Crispin Glover, sachez qu’il s’agit d’une expérience à part. Pas toujours facile à digérer, mais impossible à oublier.
Crispin Glover : l’énigme qui rend Hollywood un peu moins prévisible
Aujourd’hui, Crispin Glover est reconnu comme l’un des artistes les plus inclassables de sa génération. Sa carrière est un savant mélange de films grand public, d’œuvres expérimentales et de projets très personnels, tous portés par une volonté farouche de rester fidèle à une vision artistique singulière.
Qu’il joue un père geek dans les années 50, un assassin sans répliques ou qu’il projette un film quasi-invisible dans une salle d’art et d’essai, il incarne un refus du formaté, du déjà-vu. Et franchement, dans une industrie souvent trop bien huilée, ça fait du bien.