Cliff Robertson

  • Casting

Détails

Autre nom Clifford Parker Robertson III
Âge
Nationalité
Filmographie 3 films
Récompense 1 nomination et 1 victoire

Biographie

Cliff Robertson est né le 9 septembre 1923 à La Jolla, en Californie. Il est décédé le 10 septembre 2011, soit un jour après son 88e anniversaire, à Stony Brook, dans l’État de New York. Acteur américain au regard franc et à la voix grave, Cliff Robertson a incarné pendant plusieurs décennies une certaine idée de l’homme droit, réservé mais déterminé, souvent en marge des circuits hollywoodiens dominants.

Il n’a jamais vraiment été considéré comme une star au sens tapageur du terme, mais sa filmographie, comme sa trajectoire personnelle, témoignent d’une constance et d’une intégrité peu communes. Cliff Robertson, c’est un peu le genre d’acteur dont on connaît le visage avant de se rappeler le nom, mais qui finit toujours par imposer le respect, à la fois devant la caméra et en dehors.

Des débuts classiques à une reconnaissance tardive

Après avoir étudié à l’Actors Studio, Cliff Robertson fait ses armes au théâtre et à la télévision avant de percer au cinéma dans les années 1950. Il apparaît alors dans plusieurs films de guerre et drames familiaux, incarnant souvent des personnages américains "moyens", ni héros glorifiés ni figures tragiques, mais toujours humains, parfois complexes. Ce positionnement très sobre lui vaut d’être apprécié des réalisateurs et scénaristes, même si le grand public ne le place pas immédiatement au sommet.

C’est en 1968 que Cliff Robertson décroche enfin une consécration majeure avec l’Oscar du meilleur acteur pour Charly, une adaptation du roman Des fleurs pour Algernon. Il y interprète un homme atteint de déficience intellectuelle qui devient temporairement un génie après une expérience scientifique. Ce rôle difficile, émotionnellement exigeant, lui permet de démontrer toute l’étendue de son jeu, entre fragilité et éclairs de lucidité bouleversants. Il entre alors, sans bruit mais solidement, dans la catégorie des acteurs respectés par la profession.

Une carrière marquée par la retenue et la loyauté artistique

Si Cliff Robertson n’a jamais cherché la lumière à tout prix, c’est aussi parce qu’il a toujours privilégié les projets auxquels il croyait. Cela lui a parfois coûté des rôles plus exposés, mais lui a permis de garder une certaine indépendance. Il est d’ailleurs connu pour avoir refusé plusieurs opportunités qui auraient pu le faire basculer dans le "star system" hollywoodien, préférant des personnages à dimension humaine ou morale.

Au fil des décennies, Cliff Robertson continue de tourner, que ce soit dans des drames intimistes ou des thrillers politiques. On le retrouve notamment dans Obsession de Brian De Palma, ou encore dans Three Days of the Condor, où il incarne un haut fonctionnaire de la CIA, parfait dans le rôle de l’homme au-dessus de tout soupçon. Il reste fidèle à son registre : solide, posé, souvent du côté de ceux qui détiennent une vérité à demi cachée.

Une affaire de principe face à Hollywood

Fait rare dans l’univers du cinéma, Cliff Robertson est également connu pour avoir dénoncé dans les années 1970 une vaste fraude financière au sein de Columbia Pictures, impliquant le puissant président du studio de l’époque, David Begelman. Cette prise de position courageuse, qui lui vaudra d’être mis à l’écart par les majors pendant plusieurs années, est aujourd’hui saluée comme un acte de probité remarquable. Peu d’acteurs auraient pris ce risque, surtout à une époque où le système des studios régnait encore en maître.

Cette période de quasi-blacklist n’a pas empêché Cliff Robertson de poursuivre sa carrière, notamment à la télévision ou dans des productions plus modestes. Il continue à incarner des figures d’autorité, des pères de famille, des militaires ou des politiciens, toujours avec cette même retenue qui faisait sa force.

Dernières années et reconnaissance posthume

Vers la fin de sa carrière, Cliff Robertson se fait connaître d’une nouvelle génération grâce à son rôle de Ben Parker, l’oncle bienveillant de Peter Parker dans Spider-Man (2002) de Sam Raimi. Son interprétation, empreinte de douceur et de gravité, redonne vie à la célèbre réplique : “Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités.” Cette réplique, devenue culte, doit beaucoup à la manière dont Cliff Robertson l’énonce, avec cette sincérité un peu mélancolique qui le caractérisait.

Bien qu’il ne soit pas toujours mis en avant dans les grandes rétrospectives du cinéma américain, Cliff Robertson a laissé derrière lui l’image d’un acteur rigoureux, fidèle à ses principes, et capable de briller sans jamais chercher à éclipser les autres. Sa longévité, autant que son intégrité, le placent parmi ces visages familiers que l’on est toujours heureux de retrouver, même furtivement, au détour d’un vieux film ou d’une rediffusion tardive.

Filmographie

  • Ajouté le
  • Modifié le