Claudia Cardinale
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
| Récompense | 1 nomination et 1 victoire |
Biographie
Née le 15 avril 1938 à Tunis, alors protectorat français, de parents d'origine italienne, Claudia Cardinale (née Claude Joséphine Rose Cardinale) et décédée le 23 septembre 2025, est une actrice au rayonnement international, dont la beauté solaire et la présence magnétique ont marqué les années 1960 et 1970. Longtemps perçue comme l’un des visages les plus envoûtants du cinéma européen, elle a su conjuguer charme et caractère, douceur et puissance, pour composer une filmographie aussi riche que singulière.
Polyglotte, à l’aise aussi bien dans le cinéma italien que français ou américain, Claudia Cardinale n’a jamais été qu’une “jolie actrice”. Elle est avant tout une interprète instinctive et généreuse, capable de passer d’un mélodrame à une fresque historique, d’une comédie populaire à un film engagé, sans jamais se diluer dans une image figée.
Une enfance entre cultures et une arrivée imprévue dans le cinéma
Claudia Cardinale grandit à Tunis, dans une famille italienne installée en Afrique du Nord. Elle est scolarisée dans un environnement multilingue (elle parle d’ailleurs longtemps le français avant l’italien), et ne manifeste aucun intérêt particulier pour la comédie. Elle se destine plutôt à l’enseignement, ou à l’étude.
C’est lors d’un concours de beauté — qu’elle n’a même pas souhaité vraiment gagner — qu’elle est repérée. Le prix comprend un voyage à Venise et une brève apparition dans un documentaire, qui la met en contact avec les milieux du cinéma italien. On lui propose rapidement un contrat, mais elle hésite. Ce n’est qu’à la fin des années 1950 qu’elle accepte de tenter l’aventure, avec une méfiance initiale envers ce monde qu’elle ne connaît pas.
Ses premiers films la montrent belle, mystérieuse, encore un peu figée, mais les cinéastes perçoivent rapidement chez elle une intensité particulière, une capacité à habiter ses rôles avec un mélange de fierté et de vulnérabilité. C’est cette dualité qui va construire sa singularité au sein du star-system européen.
L’âge d’or italien, de Visconti à Leone
Au début des années 1960, Claudia Cardinale devient l’une des muses du cinéma italien, collaborant avec les plus grands noms de l’époque. Elle tourne notamment sous la direction de Luchino Visconti, qui lui offre un rôle central dans Le Guépard (1963), fresque historique magistrale où elle incarne la jeunesse et le renouveau face à l’aristocratie déclinante, aux côtés de Burt Lancaster et Alain Delon. Sa scène de bal, d’une élégance inoubliable, reste l’un des grands moments du cinéma italien.
La même année, elle tourne dans Huit et demi de Federico Fellini, où elle incarne la femme idéalisée, presque irréelle, qui hante les pensées du réalisateur interprété par Marcello Mastroianni. Ce rôle la fait passer dans une autre dimension : elle n’est plus simplement une actrice à la beauté fulgurante, mais une présence quasi mythologique.
Elle enchaîne ensuite avec Il était une fois dans l’Ouest (1968) de Sergio Leone, où elle joue Jill McBain, figure féminine centrale dans un monde d’hommes, et probablement l’un de ses rôles les plus puissants. Là encore, elle incarne un archétype tout en le subvertissant : la veuve, la pionnière, la survivante, filmée avec lyrisme et respect.
Durant cette décennie, elle tourne aussi dans de nombreuses comédies italiennes, des films français, parfois américains, mais conserve un ancrage très fort dans la culture italienne, dont elle devient l’un des symboles les plus durables.
Une actrice libre dans un monde d’hommes
L’une des constantes du parcours de Claudia Cardinale, c’est son refus de se laisser enfermer dans le simple statut d’icône glamour. Derrière l’image de la "belle Italienne", elle défend une vraie liberté de ton et de choix. Elle choisit ses rôles, refuse de s’exiler à Hollywood malgré les propositions, et tient à préserver son indépendance artistique autant que personnelle.
Elle a toujours veillé à maîtriser son image — au point de refuser longtemps de doubler elle-même ses films, en italien, pour ne pas altérer sa prononciation si particulière, qu’elle considérait comme une signature. Ce choix, atypique, ajoute d’ailleurs une étrangeté douce à certains de ses rôles, entre deux langues, entre deux mondes.
Elle s’investit aussi dans des rôles féminins de plus en plus nuancés, loin de la pure séduction : des femmes libres, combatives, souvent blessées mais dignes. Dans les années 70 et 80, elle explore des projets plus intimistes, s’aventure dans des coproductions européennes, sans chercher à rester coûte que coûte au sommet de la popularité.
Un héritage cinématographique riche et sans tapage
Claudia Cardinale a tourné plus d’une centaine de films, dans plusieurs langues, sur plusieurs continents. Son nom est lié aux grands maîtres du cinéma européen, mais aussi à des œuvres plus modestes, qu’elle a parfois portées par affection ou par conviction. Elle a été ambassadrice du cinéma méditerranéen, engagée dans de nombreuses causes, notamment en faveur des droits des femmes et de la culture italienne.
Elle n’a jamais totalement disparu des écrans : au fil des décennies, elle a continué à tourner, plus sporadiquement, dans des films d’auteur, des rôles secondaires, des apparitions choisies. Son élégance n’a pas vieilli, et son nom reste associé à une époque où le cinéma mêlait mystère, sensualité, exigence artistique et popularité.
Contrairement à d’autres icônes de son époque, elle n’a pas été engloutie par son propre mythe. Elle a préféré avancer à son rythme, sans revendiquer de titre, mais avec une constance dans la qualité de son travail, une fidélité à ses racines, et une sérénité qui force le respect.
Claudia Cardinale, ou la puissance tranquille de l’intensité
Derrière le regard noir, la voix rauque et la silhouette fière, Claudia Cardinale a toujours incarné bien plus qu’un archétype de beauté méditerranéenne. Elle est la preuve qu’une actrice peut être désirable et intellectuelle, douce et indomptable, présente à l’écran sans jamais avoir à en faire trop.
Ce qui reste de son œuvre, c’est une palette de rôles contrastés, traversés par un mélange de sensualité et de dignité, de présence physique et d’intériorité. Elle n’a jamais crié pour se faire entendre, mais elle a toujours été écoutée. Et dans un cinéma parfois prompt à effacer les femmes passées un certain âge, elle a su garder son intégrité, son élégance et sa voix, intactes.
Encore aujourd’hui, son visage dans Le Guépard ou Il était une fois dans l’Ouest continue de traverser le temps. Non pas comme une image figée, mais comme un regard vivant, libre, et furieusement humain.