Baz Luhrmann

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Détails

Autre nom Mark Anthony Luhrmann
Âge
Nationalité
Filmographie 5 films
Récompenses 10 nominations et 2 victoires

Biographie

Baz Luhrmann, né Mark Anthony Luhrmann le 17 septembre 1962 à Sydney, en Australie, est l’un de ces réalisateurs que l’on reconnaît dès les premières minutes d’un film. Cinéaste, scénariste, producteur, et parfois même metteur en scène d’opéra, Baz Luhrmann a bâti une œuvre marquée par une esthétique flamboyante, un goût assumé pour le spectaculaire et un style visuel qu'on pourrait qualifier de baroque... s’il n’était pas aussi résolument pop. Si certains crient au génie et d'autres au trop-plein, lui continue, imperturbable, à faire du Baz Luhrmann, pour le meilleur ou pour le plus kitsch.

Une jeunesse australienne et des débuts sur les planches

Issu d’un milieu modeste, Baz Luhrmann grandit dans une petite ville rurale du nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Son père gère une station-service doublée d’un cinéma, sa mère enseigne la danse. Voilà qui pose, dès l’enfance, les bases d’un univers mêlant essence, projecteurs et mouvements de corps. C’est d’abord par le théâtre qu’il entre dans le monde artistique, étudiant à la National Institute of Dramatic Art (NIDA) à Sydney, où il croise entre autres un certain Hugh Jackman.

Son premier grand projet est d’abord une pièce de théâtre : Strictly Ballroom, qui deviendra quelques années plus tard son premier long-métrage. Ce passage par la scène n’est pas anodin. Chez Baz Luhrmann, le cinéma a toujours quelque chose de très théâtral : décors stylisés, ruptures de ton, dialogues presque chorégraphiés… On n’est jamais tout à fait dans le réel, et c’est justement ce qui fait sa marque.

La “Red Curtain Trilogy” : une vision du cinéma sans modération

Avec Strictly Ballroom en 1992, Baz Luhrmann connaît un succès immédiat. Le film, à mi-chemin entre la satire sociale et la comédie romantique, impressionne par son audace visuelle et sa sincérité un peu folle. Il enchaîne ensuite avec Romeo + Juliet en 1996, une adaptation de Shakespeare en mode clip MTV, avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes, qui provoque autant l’enthousiasme que les critiques.

Puis vient Moulin Rouge! en 2001, sommet de sa fameuse “Red Curtain Trilogy” : un opéra pop visuel délirant, où l’on chante du Nirvana, du Bowie et du Elton John dans un cabaret parisien plus fantasmatique que réaliste. Le film divise, encore une fois, mais récolte de nombreuses nominations, et révèle Nicole Kidman dans un registre flamboyant. Il obtient également deux Oscars, une rareté pour une comédie musicale contemporaine.

Ce triptyque pose définitivement les bases du “style Luhrmann” : montage ultra-rapide, direction artistique hyper travaillée, musique anachronique et émotion à fleur de peau. Pour certains, c’est une overdose. Pour d’autres, c’est du grand art.

Un goût prononcé pour le mythe, le tragique et le romantisme

Avec Australia en 2008, Baz Luhrmann tente une fresque épique sur fond de guerre et d’amour contrarié, toujours avec Nicole Kidman, accompagnée cette fois de Hugh Jackman. Le film, malgré une ambition évidente, peine à convaincre. Trop long, trop lisse, pas assez de ce grain de folie qui faisait le charme des précédents.

Mais Baz Luhrmann revient en force en 2013 avec The Great Gatsby, où il adapte le roman culte de F. Scott Fitzgerald. À nouveau, la recette est la même : musiques contemporaines (Jay-Z côtoyant Gershwin), visuel luxueux à la limite de l’irréel, et Leonardo DiCaprio en Gatsby torturé. Le résultat est certes clivant, mais parfaitement cohérent avec sa vision du cinéma : un art qui ne s’excuse jamais d’en faire trop, tant que l’émotion est là.

Dans Elvis, sorti bien plus tard, il applique la même formule à la vie du roi du rock. La critique salue le jeu d’Austin Butler, mais c’est encore une fois le style de Baz Luhrmann qui capte l’attention. À force de styliser même le réel, il finit par créer une sorte de réalité parallèle, où tout est plus brillant, plus rapide, plus intense. Et étonnamment, parfois, plus touchant.

Un créateur transdisciplinaire, entre cinéma, opéra et musique

Baz Luhrmann, ce n’est pas seulement un réalisateur. C’est un homme-orchestre, qui touche aussi bien au cinéma qu’à la musique, à la mode ou à l’opéra. Il a mis en scène des productions lyriques, collaboré avec des maisons de haute couture, et supervise toujours lui-même les bandes originales de ses films, véritables œuvres dans l’œuvre.

Ce mélange des genres est sans doute ce qui fait la singularité de son approche. Chez lui, on passe sans transition d’un morceau de Beyoncé à une tirade shakespearienne, d’un tango langoureux à une fusillade stylisée. On est toujours sur le fil, à la frontière du sublime et du trop-plein. Et il faut croire que Baz Luhrmann aime cette zone de turbulence.

Filmographie

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