Anne Bancroft

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Détails

Autre nom Anna Maria Louisa Italiano
Âge
Nationalité
Filmographie 2 films
Récompenses 13 nominations et 5 victoires

Biographie

Anne Bancroft, de son vrai nom Anna Maria Louisa Italiano, est née le 17 septembre 1931 dans le Bronx, à New York (États-Unis), et s’est éteinte le 6 juin 2005 à New York, à l’âge de 73 ans. Actrice aux multiples visages, elle a marqué l’histoire du cinéma par son intensité dramatique, son intelligence de jeu, et une capacité rare à incarner des femmes fortes, souvent en lutte contre leur époque. Lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice et nommée plusieurs fois, Anne Bancroft a imposé un style unique, entre force intérieure, séduction distante et fragilité bien cachée.

Celle que beaucoup connaissent comme Madame Robinson dans The Graduate (Le Lauréat) ne peut pourtant pas se résumer à ce seul rôle, aussi iconique soit-il. Derrière cette figure mythique se cache une carrière dense, très respectée, traversant théâtre, cinéma et télévision, portée par un engagement artistique constant et une exigence de tous les instants.

Une actrice née sur les planches, façonnée par l’Actors Studio

Avant de briller à l’écran, Anne Bancroft se forme au jeu d’acteur de façon rigoureuse. Elle intègre l’Actors Studio, temple du method acting, et travaille sous la direction de figures majeures comme Lee Strasberg. Cette formation la distingue d’emblée de ses contemporaines : elle ne cherche pas à séduire, mais à interpréter, à vivre le personnage de l’intérieur, dans toutes ses contradictions.

Elle débute à la télévision dans les années 1950, puis au cinéma dans des rôles souvent secondaires. Ce n’est qu’au début des années 1960 que Anne Bancroft trouve des rôles à la mesure de son talent, notamment au théâtre, où elle rencontre un succès critique retentissant avec The Miracle Worker (Miracle en Alabama). Elle y joue Anne Sullivan, la préceptrice d’Helen Keller, rôle qu’elle reprendra au cinéma en 1962, remportant l’Oscar de la meilleure actrice pour cette performance bouleversante.

Ce personnage devient une forme d’archétype dans sa carrière : des femmes brillantes, opiniâtres, souvent en lutte contre l’incompréhension du monde, mais qui avancent, coûte que coûte.

The Graduate : un rôle culte, un piège aussi

En 1967, Anne Bancroft devient mondialement célèbre grâce à The Graduate, de Mike Nichols, dans lequel elle incarne Mrs. Robinson, la femme mûre et désabusée qui séduit un jeune homme incarné par Dustin Hoffman. Ce rôle iconique, entre satire sociale et mélancolie sexuelle, entre femme fatale et mère frustrée, est devenu un symbole… mais il a aussi éclipsé une partie de son œuvre, en la réduisant à une image.

Ironie du sort : Anne Bancroft n’avait que 36 ans au moment du tournage, soit à peine plus de six ans de plus que Hoffman. Pourtant, elle incarne avec une autorité et une maturité telles que le spectateur ne doute jamais du décalage générationnel. Le rôle a été repris, parodié, imité… jamais égalé.

Mais au-delà de cette figure de cinéma culte, Anne Bancroft a souvent dit à quel point ce rôle avait figé la perception du public, alors qu’elle aspirait à bien plus de diversité. Ce paradoxe résume assez bien sa trajectoire : une actrice reconnue, mais parfois enfermée dans ses triomphes.

Une carrière riche, entre audace et refus des compromis

Après The Graduate, Anne Bancroft poursuit une carrière faite de choix personnels, parfois à contre-courant des studios, et toujours guidée par le désir d'explorer des rôles complexes. Elle brille dans des films comme The Pumpkin Eater (1964), The Turning Point (1977), Agnes of God (1985), et même dans des projets plus légers mais toujours portés par une présence forte.

On la retrouve aussi dans 84 Charing Cross Road (1987), adaptation épistolaire où elle donne la réplique à Anthony Hopkins, dans un registre tout en retenue et humanité. Ici encore, Anne Bancroft impose un jeu subtil, intérieur, privilégiant la tension sous-jacente aux effets visibles.

Elle apparaît également dans plusieurs comédies aux côtés de son mari, Mel Brooks, qu’elle a épousé en 1964. Le couple, improbable en apparence, a duré jusqu’à la mort de l’actrice. Leur complicité, discrète mais profonde, fut un pilier dans sa vie personnelle comme professionnelle. Dans To Be or Not to Be (1983), ils partagent l’écran avec une énergie joyeusement théâtrale.

Une actrice de convictions, une voix rare à Hollywood

Anne Bancroft n’a jamais été l’actrice des plateaux à scandales ou des projecteurs trop vifs. Elle menait sa carrière avec discrétion, refusant les rôles qui ne l'intéressaient pas, fuyant les compromissions. Ce positionnement lui a peut-être coûté quelques opportunités commerciales, mais lui a permis de construire une œuvre cohérente et exigeante.

Elle alterne cinéma, théâtre et télévision avec la même exigence, acceptant des seconds rôles lorsque le scénario ou le réalisateur en vaut la peine, ou refusant des films à gros budget si le contenu ne la touche pas. Anne Bancroft, c’est l’actrice qui choisit, pas celle qu’on choisit par défaut.

Elle a été nommée cinq fois aux Oscars, sans jamais vraiment courir après les récompenses. Car pour elle, l’acte de jouer semblait toujours plus important que la reconnaissance publique.

Une trace durable, loin de la simple nostalgie

Aujourd’hui encore, Anne Bancroft demeure une référence pour de nombreuses actrices qui souhaitent sortir des carcans imposés par l’industrie. Sa capacité à incarner des femmes puissantes sans les caricaturer, à exprimer la douleur et la dignité, ou encore à injecter de l’intelligence dans la sensualité, en fait une figure intemporelle.

Elle laisse derrière elle une œuvre dense, vibrante, souvent plus complexe que ne le laisse penser l’icône de Mrs. Robinson. C’est sans doute ce mélange, entre mythe hollywoodien et artisanat dramatique, qui fait de Anne Bancroft une actrice à part.

Et si Hollywood lui a parfois imposé des rôles ou des étiquettes, elle les a toujours transcendés, avec cette force tranquille qui n’appartient qu’aux grandes.

Filmographie

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