Alexander Siddig
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Alexander Siddig, de son nom complet Siddig El Tahir El Fadil El Siddig Abderrahman Mohammed Ahmed Abdel Karim El Mahdi, est né le 21 novembre 1965 à Omdurman, au Soudan, et a grandi en grande partie en Angleterre, où il s’est formé au métier d’acteur. De nationalité britannique, il est parfois crédité sous le nom de Siddig El Fadil, notamment au début de sa carrière. Issu d’un riche héritage culturel — il est le neveu de l’ancien Premier ministre soudanais Sadiq al-Mahdi, et a des racines anglaises par sa mère — Alexander Siddig incarne une figure rare dans le paysage cinématographique anglo-saxon : celle d’un acteur à la fois ancré dans la tradition britannique du théâtre et porteur d’une identité arabo-africaine, souvent trop peu représentée à l’écran.
Avec son regard perçant, sa diction précise et son aura à la fois intellectuelle et mystérieuse, il s’est construit une carrière solide, entre science-fiction, drames historiques, cinéma d’auteur et séries internationales.
La formation britannique et les premiers pas à la télévision
Alexander Siddig étudie à la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art (RADA), où il se forme aux classiques du théâtre britannique. Très vite, il se distingue par une présence scénique élégante et cérébrale, qui lui vaut d’être repéré pour des rôles exigeants.
C’est toutefois à la télévision qu’il perce véritablement, en incarnant le docteur Julian Bashir dans la série Star Trek: Deep Space Nine à partir de 1993. Son personnage — un médecin brillant, légèrement arrogant, mais profondément humain — évolue au fil des saisons pour devenir l’un des piliers du show, gagnant en complexité et en intensité dramatique. Ce rôle, qu’il tiendra pendant sept ans, lui apporte une visibilité internationale et une communauté de fans fidèle.
Il y incarne un scientifique idéaliste et sarcastique, souvent en décalage avec les personnages militaires, mais dont l’évolution vers des zones plus grises (notamment la révélation de ses capacités génétiquement augmentées) montre l’étendue de son registre.
Une carrière éclectique, entre cinéma d’auteur et grandes fresques
Après son passage par l’univers de Star Trek, Alexander Siddig élargit son registre avec des rôles variés au cinéma. On le retrouve dans Kingdom of Heaven de Ridley Scott (2005), où il incarne Nasir, le conseiller du roi Saladin — rôle dans lequel il impose un mélange rare de calme, de noblesse et de force morale. Là encore, il ne cherche pas à dominer l’écran : il le traverse avec gravité, laissant derrière lui une impression de sagesse tranquille.
Il enchaîne avec Syriana (2005), Cairo Time (2009), Inescapable (2012), et participe à Reign of Fire, The Nativity Story, ou encore Doha — autant de projets où sa double identité culturelle lui permet d’incarner des figures issues du monde arabe sans stéréotypes, avec une profondeur trop rare dans ce type de rôles.
Plus récemment, il est apparu dans Blade Runner 2049 (2017) et dans le film d’animation The Breadwinner (voix), prouvant sa capacité à s’adapter à tous les formats, sans jamais renier son style de jeu — feutré, précis, élégant.
Présence constante dans les séries, toujours entre autorité et sensibilité
Alexander Siddig est aussi devenu une figure incontournable des séries télévisées de qualité. Il multiplie les apparitions marquantes dans des productions prestigieuses comme :
- 24 (2007), où il incarne un terroriste au profil ambigu
- Atlantis (2013–2015), dans le rôle du roi Minos
- Da Vinci’s Demons (2014–2015), en prince ottoman rusé
- Gotham (2017–2018), en Ra’s al Ghul, figure à la fois charismatique et terrifiante
- Game of Thrones (2015), où il interprète Doran Martell, prince de Dorne, à la fois impuissant et lucide — un rôle bref mais marquant, porté par la subtilité de son jeu, entre dignité et résignation
Dans toutes ces séries, Alexander Siddig incarne des figures de pouvoir nuancées, souvent intellectuelles, parfois spirituelles, et presque toujours marquées par une forme de solitude intérieure. Il est le genre d’acteur qui peut imposer le respect d’un seul regard, sans élever la voix.
Un style sobre, précis, et une identité assumée
Ce qui distingue Alexander Siddig, c’est sa capacité à incarner la retenue, la complexité morale, le calme menaçant ou la sagesse douloureuse. Il n’est pas un acteur d’excès ni de démonstration. Il préfère suggérer, jouer sur les silences, les regards, les tensions sous-jacentes, comme un héritier discret du théâtre shakespearien, mais avec un visage, une voix et une histoire qui élargissent considérablement le champ de représentation à l’écran.
Il a aussi refusé les rôles caricaturaux qu’on lui proposait parfois dans le sillage de Syriana ou Kingdom of Heaven, affirmant dans plusieurs interviews sa volonté de ne pas renforcer les clichés sur les hommes arabes dans le cinéma occidental.
Alexander Siddig : un acteur de l’ombre, à la lumière singulière
Alexander Siddig, c’est l’acteur que l’on reconnaît toujours avec plaisir, souvent dans des rôles secondaires, mais qui laisse une empreinte durable. Il ne cherche pas la vedette, mais fait exister chacun de ses personnages avec une précision d’orfèvre, qu’il soit médecin spatial, prince diplomate ou chef d’organisation secrète.
Discret, exigeant, engagé dans ses choix de rôles, il incarne une forme d’intelligence tranquille, d’élégance sans esbroufe, et de présence magnétique. En somme, l’un de ces comédiens rares, qui rendent leurs personnages plus profonds que le scénario ne le prévoyait — simplement parce qu’ils les habitent de l’intérieur.